Les universités s'organisent pour rattraper le retard lié aux blocages

Publié le par Esprit Campus

AP le 16 avril 2009

Rattrapage intensif quitte à se priver de vacances, mise à disposition des cours sur internet ou enseignements délocalisés à l'extérieur du campus: nombre d'universités se mobilisent pour rattraper le retard accumulé depuis le début du mouvement de protestation le 2 février.

La Conférence des présidents d'université (CPU) et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont rappelé jeudi leur ferme opposition à l'octroi du second semestre sans examen, incitant les facultés à s'organiser pour pouvoir tenir le calendrier coûte que coûte.

La CPU, qui s'est réunie jeudi à Paris, rejette toute délivrance de diplôme au rabais pour protéger l'intérêt des étudiants et soutient les initiatives visant à rattraper les cours. "Le temps est compté. Il convient d'organiser le plus vite possible des rattrapages pour sauver l'année universitaire et préserver l'image de nos universités à l'étranger", confiait-on jeudi au ministère.

Le mouvement de protestation, qui est dans sa onzième semaine, perturbait encore jeudi une dizaine d'universités. Ces facultés attendent de connaître l'état de la mobilisation après les vacances de Pâques, le 20 ou le 27 avril, pour se prononcer sur les modalités du rattrapage.

Les autres universités, perturbées à des degrés très divers ces derniers mois, font leur possible pour pouvoir organiser les examens avant l'été. A Perpignan, Toulouse III, Bordeaux IV, Rennes I et II et Saint-Etienne, le rattrapage des cours a débuté, supprimant du même coup les vacances de Pâques, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.

La délocalisation des enseignements dans des bâtiments épargnés par les blocages et la mise en ligne des cours vont a priori permettre de tenir le calendrier des examens à Lille III, Grenoble II, Mulhouse et Strasbourg.

En revanche, à Tours, Paris I et XIII, Lorient, Lyon II et Pau, la fin du second semestre et donc la date des examens sera décalée d'au moins une semaine pour plusieurs unités de formation et de recherche (UFR). Dans certains cas, comme à la faculté d'histoire de Strasbourg ou certaines UFR de Paris I, des validations spécifiques sont envisagées mais le ministère et la CPU excluent la possibilité d'un semestre blanc.

Une telle mesure reviendrait à valider le diplôme sans examen ou en se fondant sur les seuls résultats du premier semestre. "Nous n'avons pas rencontré cette situation pour l'instant, nous ne l'envisageons pas", a-t-on assuré au ministère de l'Enseignement supérieur.

De son côté, l'Union nationale des étudiants de France a demandé cette semaine que "les examens ne portent que sur les cours effectivement réalisés", que "les sessions de rattrapage ne soient pas remises en cause" et que "le versement des bourses ne soit pas interrompu".

Côté syndical, on ne se satisfait toujours pas de la réécriture du décret sur le statut des enseignants-chercheurs, du gel des suppressions de postes dans l'Enseignement supérieur ou encore du report de la réforme de la formation des maîtres et des IUT. Les syndicats exigent toujours le retrait pur et simple du décret sur les enseignants-chercheurs, celui de l'actuel projet de réforme de la formation des enseignants et des concours, la "restitution des emplois supprimés" en 2009 ou encore l'arrêt du "démantèlement des organismes de recherche".

 

Publié dans Actu étudiante

Commenter cet article