Un mois de bourse en plus aux étudiants touchés par les blocages

Publié le par Esprit Campus

Reuters le 18 mai 2009

Valérie Pécresse, inflexible sur l'autonomie des universités, annonce une série de mesures en faveur des étudiants pénalisés par les blocages sur les campus, notamment un mois de bourse supplémentaire pour les boursiers contraints à des examens en juillet ou septembre.

La ministre de l'Enseignement supérieur a reçu les représentants des organisations étudiantes (Unef, Fage, Uni, PDE, Confédération étudiante) pour discuter des plans de rattrapage et de l'organisation des examens dans les universités affectées par la contestation des réformes gouvernementales.

A l'issue de deux heures et demie de discussions, Valérie Pécresse a détaillé sept mesures d'accompagnement qui visent à aider les étudiants les plus défavorisés. Ces mesures ont été saluées comme un premier pas par certaines organisations.

Outre le mois de bourse supplémentaire, qui pourrait concerner selon la ministre 10.000 à 15.000 étudiants, les étudiants logeant en résidence universitaire pourront bénéficier d'une prolongation de bail en juillet pour le prix d'un demi-loyer s'ils sont amenés à passer des examens en retard.

Les étudiants logés dans le parc privé pourront demander une place aux CROUS (les centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires) pour le mois de juillet.

La ministre a demandé à ce qu'au moins un restaurant universitaire reste ouvert sur les campus où les examens auront lieu en juillet ou en septembre.

Les présidents d'université sont invités à veiller à ce que les examens portent sur les enseignements effectivement réalisés ou rattrapés et à prévoir une session d'examens de rattrapage une fois la première session achevée.

Valérie Pécresse va également saisir le ministère de l'Immigration pour que les étudiants étrangers qui sollicitent un renouvellement de titre de séjour ne soient pas pénalisés à cause des blocages.

L'UNEF ATTEND MIEUX

La ministre s'est engagée à "une égalité de traitement entre tous les étudiants" lors des examens - en clair, que les étudiants manifestants ou non manifestants puissent obtenir leurs diplômes dans les mêmes conditions.

Par ailleurs, aucun étudiant ne sera privé de bourse en 2010 pour "des raisons liées à son assiduité aux enseignements ou aux examens du second semestre de cette année".

Valérie Pécresse n'a pas précisé le montant de l'enveloppe prévue pour ces mesures, mais elle a assuré qu'"une somme importante avait été provisionnée pour faire face".

S'agissant des campus où les blocages persistent - six selon le ministère -, la ministre a précisé qu'elle ferait du "sur-mesure" en fonction des besoins et des problèmes de chaque faculté. "L'idée, c'est de mettre les bouchées doubles (...), de faire en sorte que la sérénité revienne sur les campus."

La ministre réunira de nouveau les représentants des étudiants début juillet pour préparer au mieux la prochaine rentrée. Elle recevra mardi les recteurs d'académie où les difficultés perdurent.

Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, première organisation étudiante, a salué ces nouvelles garanties tout en soulignant qu'elles ne "levaient pas les inquiétudes qui s'expriment sur le fond" du conflit. Il a demandé des "gestes d'apaisement supplémentaires" de la part du gouvernement.

L'Uni, mouvement de la droite universitaire, a souhaité des "sanctions pénales" pour les bloqueurs mais n'a pas été entendue sur ce point par la ministre, qui a seulement insisté sur "la continuité du service public".

Claire Guichet, présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), s'est félicitée d'"un très bon premier pas". Baki Youssoufou, président de la Confédération étudiante, a souhaité que les quelque 150.000 étudiants confrontés à des difficultés en raison des blocages ne soient pas "sacrifiés" par "une logique jusqu'auboutiste des deux côtés".

Sophie Louet

Publié dans Actu étudiante

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