Réforme des lycées : les projets se précisent

Publié le par Esprit Campus

Les Echos.fr le 25 mai 2009

Le député UMP Benoist Apparu, à la tête d'une mission parlementaire, présente mercredi son rapport sur la réforme des lycées. Les conclusions de la mission confiée par Nicolas Sarkozy à Richard Descoings, le patron de Sciences po sont, elles, attendues dans les prochains jours.

Sans tambour ni trompette, ils ont poursuivi tout l'hiver leurs auditions dans les établissements scolaires. A quelques semaines de la fin de l'année, les deux personnalités chargées de réfléchir sur la réforme des lycées, Richard Descoings et Benoist Apparu, s'apprêtent à sortir du bois. Le premier avait prévu de rendre son rapport fin mai, au terme d'un marathon qui l'a conduit de lycées professionnels en établissements ruraux, à la rencontre des lycéens. Quant au député UMP, à la tête d'une mission parlementaire, il dévoilera mercredi ses propositions.

La mission confiée au patron de Sciences po par Nicolas Sarkozy était la plus délicate : recoller les morceaux avec une jeunesse qui, faute de l'avoir compris, a rejeté avec force en décembre le projet gouvernemental de réforme des lycées. Richard Descoings a donc ouvertement misé sur la concertation. Un changement de méthode validé par l'Elysée.

« On repart de zéro »

« Il ne faut pas que ce soit plaqué d'en haut », a confirmé Nicolas Sarkozy, qui s'était invité mercredi à ses côtés dans un lycée. « On repart de zéro, sans a priori, mais on fera la réforme », a-t-il prévenu. Son contenu reste encore méconnu, mais le chef de l'Etat a déjà listé quelques priorités : orientation (passerelles...), lutte contre le décrochage scolaire, renforcement des liens entre le lycée et l'entreprise (« Il faut moins de raideur »). Il a aussi évoqué la question de l'équilibre entre les filières, sujet récurrent et crucial aux yeux de l'exécutif. Richard Descoings n'a eu lui aussi de cesse d'évoquer le sort de la filière technologique - dévalorisée - et de la série S, devenue davantage une filière d'élite qu'un cursus scientifique à part entière.

« Nous avons une convergence sur ce point : il est nécessaire de respécialiser cette filière », affirme Benoist Apparu. Hormis le cas de la série S, le parlementaire juge globalement la spécialisation « trop brutale » au lycée. Son rapport suggère donc de conserver à la seconde sa vocation « généraliste » (tronc commun de cours, quatre options, trois heures de soutien) et de n'impulser le changement que progressivement en première : les élèves n'auraient plus à trancher entre sept séries (S, ES...), mais simplement à choisir entre la voie générale et technologique. La véritable spécialisation interviendrait en terminale Moyen d'améliorer aussi la transition vers l'enseignement supérieur, où le député préconise aussi de rendre les filières universitaires plus généralistes, et de réserver 50 % des places d'IUT aux bacheliers technologiques.

Davantage de soutien scolaire

Le fonctionnement du lycée serait lui aussi revu de pied en cap : moins d'heures de cours (30), mais davantage de soutien scolaire (5 heures de travaux personnels), plus de passerelles (stages d'été d'un mois pour limiter les redoublements) et un bac étalé sur l'année de terminale (contrôle en cours de formation).
Un projet à la fois très proche de celui de Xavier Darcos (pour la seconde) et de François Fillon en 2005 (pour le baccalauréat), deux réformes qui se sont heurtées à la bronca lycéenne. « Sur le fond, leurs orientations étaient bonnes », maintient le député. « Le lycée doit être conçu comme un bloc lié à l'enseignement supérieur. Le bac ne peut plus être une fin en soi. » D'ou l'idée d'en finir avec l'objectif cher à la gauche de 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat, en assignant de nouveaux buts : 25 % de diplômés du bac professionnel (contre 15 % aujourd'hui) et 50 % de diplômés du supérieur (contre 42 %). Pas sûr que la gauche apprécie : les parlementaires PS membres de la mission se sont désolidarisés du rapport.

LAURENCE ALBERT, Les Echos

Publié dans Actu étudiante

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