Apprentissage dans le supérieur : un développement contrasté selon les régions

Publié le par Esprit Campus

EducPro.fr le 25 mai 2009 (L’ETUDIANT)

Objectif : un million d'apprentis d'ici à 2011.
Le chiffre lancé par Yazid Sabeg reprend l'esprit des annonces du plan en faveur de l'emploi des jeunes de Nicolas Sarkozy. Entreprises et centres de formations surfent, elles aussi, sur la vague de l'apprentissage. Qu'en est-il réellement sur le terrain, alors que celui-ci relève d'une compétence des Régions. Nous publions, chiffres et carte à l'appui, l'état réel de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur.
En pleine surenchère gouvernementale, la croissance continue des effectifs  d'apprentis profite en premier lieu au supérieur. Ce dernier concentre 20 % des contrats.

Apprentissage : le supérieur rattrape son retard
De 5000 étudiants apprentis comptabilisés en 1992, on est passé à plus de 51 000 recensés en 2001 et à 74 000 en 2006-2007 (voir le tableau ci-dessous). Et rapporté aux étudiants formés par la filière classique ? Les apprentis-étudiants représentent 6 % des effectifs en 2007 (5 % en 2006). Les effectifs des apprentis dans le supérieur progressent de 12% par an en moyenne depuis 10 ans, contre 1,3% dans le secondaire, selon les chiffres des ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur.
 
Académies    Effectifs étudiants (tous) - 2006-2007    Apprentis Niveaux III, II et I - 2006-2007    % étudiants en apprentissage    Effectifs étudiants (tous) - 2007-2008
Aix-Marseille    70 118    3 571    5%    67 844
Amiens    20 916    2 302    11%    20 334
Besançon    19 829    1 940    10%    19 137
Bordeaux    70 370    2 479    4%    69 600
Caen    25 102    1 150    5%    24 232
Clermont-Ferrand    27 180    837    3%    27 094
Corse    3 932    104    3%    4 058
Créteil    83 580    5 825    7%    82 810
Dijon    26 167    1 036    4%    25 463
Grenoble    52 634    3 386    6%    51 496
Lille    94 612    3 471    4%    92 460
Limoges    14 317    405    3%    13 984
Lyon    93 477    5 631    6%    91 782
Montpellier    62 845    1 987    3%    61 183
Nancy-Metz    49 061    2 615    5%    47 207
Nantes    58 176    4 616    8%    57 250
Nice    34 613    1 849    5%    33 282
Orléans-Tours    37 177    2 697    7%    35 857
Paris    165 380    9 635    6%    158 884
Poitiers    31 091    1 922    6%    29 842
Reims    21 051    1 021    5%    20 587
Rennes    67 742    2 644    4%    65 607
Rouen    29 821    2 719    9%    28 478
Strasbourg    48 277    2 205    5%    47 145
Toulouse    71 332    2 818    4%    68 725
Versailles    97 894    10 795    11%    96 829
France métro.    1 376 694    79 660    6%    1 341 170
Guadeloupe    4 937    237    5%    5 257
Guyane    1 591    0    0%    1 638
Martinique    5 376    334    6%    5 337
La Réunion    10 579    236    2%    10 348
France métro + DOM    1 399 177    80 467    6%    1 363 750
 
 
Le Nord de la France plus volontariste
Mais d’une région à l’autre, en fonction des politiques locales, on constate une forte disparité de l’offre (voir la carte). Quatre académies (Versailles, Amiens, Besançon et Rouen) jouent aux avant-postes avec 9 % à 11% des étudiants qui ont signé un contrat d’apprentissage. Trois autres académies (Nantes, Créteil, Orléans-Tours) se positionnent au-dessus de la moyenne nationale avec 7 % à 8 % d’apprentis dans le supérieur.
 


Source : MEN, 2006-07
 
Chargées du financement de la formule depuis la décentralisation, chaque Région fait le choix de développer ou non les formations postbac en apprentissage. Une vraie épée de Damoclès financière qui pèse sur le développement de l’apprentissage dans le supérieur.
 
Un peu d'histoire :
En ouvrant l’apprentissage au supérieur technique et professionnel, la loi du 23 juillet 1987 avait marqué une petite révolution, tant la formule souffrait alors d’une image archaïque. Si, dès le début, les filières se sont multipliées en BTS, ailleurs, il aura fallu attendre le début des années 90 pour voir réellement émerger les projets. La création de la filière Decomps en 1992, les premières expériences universitaires (notamment à Paris 12-Créteil) mais aussi la politique active de l’Essec en matière d’apprentissage dès 1993 a marqué les esprits. L’essentiel du dispositif restait pourtant à mettre en place.
 
Stéphanie Desmond

Publié dans Actu étudiante

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