Fillon tente de renouer le contact avec les universitaires

Publié le par Esprit Campus

Reuters le 28 mai 2009


François Fillon s'est efforcé jeudi de retisser des liens avec les communautés universitaire et scientifique en assurant que les réformes du gouvernement avaient pour "sincère" objectif de placer la recherche et les universités françaises "en tête de la rivalité mondiale".

Alors que l'exécutif a multiplié les gestes d'apaisement pour tenter d'éteindre une fronde tenace, le Premier ministre a plaidé pour "une relation constructive" entre les pouvoirs publics et la communauté scientifique et universitaire.

Le divorce est patent entre les "sachants" et Nicolas Sarkozy, dont le discours du 22 janvier sur la modernisation de la recherche a soulevé une vague d'indignations dans les milieux universitaires et scientifiques, qui exigent des "excuses".

Nicolas Sarkozy avait déploré les "résultats médiocres" de la recherche nationale et fustigé le caractère "infantilisant et paralysant" du système de recherche "à la française" fait d'une multiplication d'organismes qui "diluent les moyens, les responsabilités, tirent chacun à hue et à dia et gaspillent".

François Fillon a plaidé pour ses réformes lors d'un discours à l'occasion de la clôture du cycle national 2008-2009 de l'Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST).

"A travers tous nos engagements, réglementaires et budgétaires, nous avons, avec Valérie Pécresse, prouvé la même volonté d'installer la recherche française en tête de la rivalité mondiale", a-t-il déclaré jeudi.

"INJUSTE" ET "NAÏF"

"Nous revendiquons cette action, nous la poursuivons, et si certains - de bonne ou de mauvaise foi - ont pu mettre ses intentions en doute, elle n'en continuera pas moins d'inscrire l'université et la recherche au premier rang des préoccupations de la République", a-t-il dit, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche à ses côtés.

"Je n'ignore rien des réactions que certaines initiatives ont pu rencontrer. Mais je refuse de croire que notre ambition reste sans écho, au sein même des milieux qu'elle entend promouvoir", a souligné le chef du gouvernement.

"Notre volonté de moderniser et de soutenir la recherche et l'université est réelle, elle est sincère", a-t-il lancé.

François Fillon, qui fut ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur de 1993 à 1995, a jugé infondées les critiques "d'utilitarisme" portées contre les réformes et "injuste" et "naïf" le reproche fait au gouvernement de freiner la recherche pure au profit de la recherche appliquée.

"Notre action en faveur de l'autonomie des universités et nos efforts pour simplifier le fonctionnement des opérateurs de recherche ont un seul objectif, que nous partageons avec vous : c'est la mise au jour de nouveaux savoirs", a déclaré le Premier ministre, dont le discours a été applaudi par les chercheurs et universitaires présents.

Valérie Pécresse a annoncé mardi qu'elle étendait aux organismes de recherche, après les universités, sa décision de geler les suppressions d'emplois prévues en 2010.

Les syndicats de chercheurs et le collectif "Sauvons la Recherche" dénoncent la mise en place par le gouvernement d'instituts par discipline, qui se traduira selon eux par un affaiblissement des grands organismes comme le CNRS.

Publié dans Actu étudiante

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