Des pistes pour aider les lycéens à préparer leur avenir

Publié le par Esprit Campus

Marie-Estelle Pech LE FIGARO.FR

Un rapport du délégué interministériel à l'orientation recommande que les élèves se penchent dès l'automne sur leur projet d'études supérieures. Objectif : se donner du temps et de la réflexion pour éviter échec et déception.

Les rapports sur la nécessaire réforme de l'orientation se bousculent. Richard Descoings met la dernière main à sa mission mais, déjà, la semaine dernière, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, disait vouloir réformer les procédures d'inscription et d'orientation des élèves. En s'inspirant notamment des 26 propositions de travail que lui a remises, la semaine dernière, le délégué interministériel à l'orientation, Bernard Saint-Girons. Selon lui, pour choisir leur orientation, les lycéens de terminale devraient à l'avenir s'interroger dès l'automne sur leur avenir, ce qui leur laisserait le temps de mûrir leur projet. Bernard Saint-Girons propose même de faire du conseil de classe du premier trimestre de terminale un conseil dédié à l'examen du projet de poursuite d'études.
Il souhaite aussi que chaque lycéen désireux de s'inscrire à l'université, dans une classe prépa ou dans un BTS, contacte l'établissement dès octobre ou novembre. Au vu de ses notes et de sa filière, ce dernier a alors l'obligation de lui répondre pour l'encourager ou au contraire le détourner de ses souhaits. Le lycéen ne serait cependant pas obligé de tenir compte de ces conseils lorsqu'il remplit ensuite au printemps son dossier de candidature sur le site Internet admission-postbac.
L'idée est avant tout de «ménager à l'élève une période de réflexion», explique Bernard Saint-Girons dans son rapport. Ce système «d'orientation active» initié depuis 2007 ne sera néanmoins rendu obligatoire qu'à la rentrée 2010. Pour le moment, le système est loin de fonctionner de façon optimale : «Le nombre de demandes de conseils sous la forme d'un dossier communiqué à l'université demeure relativement limité. Il tend même à diminuer en 2008-2009 dans la plupart des établissements», note le délégué, qui juge que l'orientation active est aujourd'hui «au milieu du gué». Les élèves les plus fragiles ne sont pas les plus nombreux à participer aux dispositifs, alors même qu'ils sont les plus exposés au risque d'échec ou d'abandon en licence.
L'orientation reste décidément un des points faible du système éducatif français. «Lycéens et étudiants témoignent d'un sentiment de manque d'information, de suivi et d'encadrement», révèle une étude TNS Sofres sur l'orientation et le portail admission-postbac.fr. Dans cette étude réalisée à la demande du ministère de l'Enseignement supérieur en avril, la cinquantaine de lycéens interrogés en face-à-face expliquent ressentir «une forme d'angoisse plus ou moins aiguë» lorsqu'ils abordent la question du choix de leur orientation.

Améliorer le recoursaux conseillers d'orientation

La nouvelle façon de travailler terrifie nombre d'entre eux. La compétition va s'intensifier et les étudiants, dans des cursus variés, évoquent avec des mots forts («pression», «dureté») une expérience qu'ils jugent a priori difficile. C'est particulièrement vrai pour les lycéens qui visent les cursus où l'écrémage est important (université) ou ceux qui proposent une compétition intense (classes préparatoires).
Parmi ces élèves qui ont tous utilisé le site de pré-inscription admission-postbac, trois profils se distinguent : les «passionnés» qui ont un projet professionnel précis et «ont des besoins d'informations plus faibles que les autres ». Les «indécis» qui n'ont pas encore une idée arrêtée du cursus ou de la filière choisis, «et a fortiori du métier». Ils sont «en attente d'informations nombreuses à la fois très générales mais aussi très concrètes». L'orientation est chez eux souvent guidée, non par l'idée d'un métier, mais plutôt par la réussite ou par le choix du mode d'études, l'école ou l'université.
Quant aux élèves «perdus», « leur projet d'études et de métier est au mieux balbutiant, au pire inexistant ». Parce qu'ils ont des « difficultés scolaires au lycée », ils sont «inquiets, démotivés» et «ont avant tout besoin d'encadrement».
Pour améliorer le dispositif d'orientation, l'étude propose de «mobiliser davantage les enseignants du supérieur, acteurs souvent sous-utilisés». Les lycéens ayant fait appel à eux soulignent en effet l'intérêt et l'apport des informations relayées par ces professeurs : des informations précises et concrètes sur les modes d'enseignement, les matières enseignées, les débouchés potentiels, etc. Il préconise également d'«améliorer l'efficacité» du recours aux conseillers d'orientation, critiqués par les lycéens. Aujourd'hui, ces derniers continuent à s'informer prioritairement auprès de leurs famille et amis.

Publié dans Actu étudiante

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