Xavier Darcos a présenté les nouveautés du baccalauréat 2009

Publié le par Esprit Campus

Xavier Darcos a présenté les nouveautés du baccalauréat 2009 le mercredi 10 juin 2009 lors d’une conférence de presse :
la reconquête du mois de juin permet aux élèves dont les lycées sont centres d’examen de terminer les programmes
près d’un candidat sur cinq au baccalauréat est issu d’une série professionnelle. Ce chiffre augmentera lors des prochaines sessions grâce à la rénovation de la voie professionnelle
l’épreuve facultative de Langue des signes française est généralisée en 2009 à l’ensemble des séries technologiques
Le ministre de l'Éducation nationale a également présenté les nouveaux services de l’orientation.

 
Mesdames et Messieurs les journalistes,

Qu’on ait 13 ans ou 77 ans – comme le benjamin et le doyen des candidats cette année – qu’on soit élève, parent ou professeur, ministre ou simple observateur, chaque session du baccalauréat suscite toujours autant d’excitation et d’appréhension.
Année après année, le baccalauréat a acquis le prestige d’une institution désormais bicentenaire, celui d’un sésame vers l’enseignement supérieur qui a su s’ouvrir progressivement à des générations toujours plus nombreuses.
Pour autant, il demeure un examen exigeant, qui couronne près de quinze années d’études dans le système éducatif primaire et secondaire et qui ne s’obtient qu’au prix d’un travail sérieux et régulier.
C’est pourquoi je veux adresser tous mes vœux de réussite aux candidats à cette session 2009 et saluer le travail des enseignants qui, en terminale mais aussi tout au long des années qui ont précédé, les ont préparés à passer cet examen dans les meilleures conditions.
Le baccalauréat est un monument de notre système éducatif et de notre tradition républicaine et, comme tel, ses dimensions sont imposantes. Le baccalauréat concerne plus d’un million de candidats, 622 322 candidats issus des classes de terminale, auxquels s’ajoutent 484 468 élèves de premières générales et technologiques inscrits aux épreuves anticipées.
Environ 150 000 correcteurs et examinateurs vont être mobilisés dans plus de 4 400 centres d’examens non seulement en France métropolitaine et dans les départements et territoires d’Outre-mer, mais aussi dans les 82 pays étrangers où se déroulent les épreuves.
Au total, ce sont près de 4 millions de copies qui seront composées autour des quelques 5 000 sujets élaborés pour cette session. Chaque année, c’est un défi et une prouesse que l’institution scolaire s’honore d’accomplir au service de la Nation.
Au-delà de ces chiffres éloquents, dont vous trouverez le détail dans le dossier de presse qui vous a été remis, je voudrais attirer votre attention sur plusieurs particularités de cette session 2009.
Désormais et contrairement à ce qui se passait précédemment, l’organisation du baccalauréat ne marque plus la fin anticipée de l’année scolaire pour les élèves qui ne sont pas candidats à l’examen. C’est la conséquence du processus de reconquête du mois de juin que j’ai engagé dans quinze départements pilotes au cours de la session 2008 et que j’ai souhaité généraliser à la session 2009.
J’ai considéré, en effet, qu’il n’y avait pas de raison que l’institution scolaire prive de près d’un mois de scolarité l’ensemble de ses lycéens pour des motifs purement logistiques d’organisation des épreuves.
Il n’y avait pas non plus de raison de contraindre les professeurs à achever dans des délais trop brefs le programme d’un troisième trimestre déjà souvent très court.
Nous devions rendre ce temps d’étude aux professeurs et aux élèves et faire en sorte que les élèves de seconde, notamment, puissent continuer à avoir cours pendant le déroulement des épreuves.
Contrepartie légitime de cette nouvelle organisation, le tarif de correction des copies est désormais porté à un juste niveau.
Deuxième particularité, nous avons aujourd’hui près d’un candidat sur cinq qui se présente dans une série du baccalauréat professionnel. Ils pourraient être bien plus nombreux si nous n’étions pas dans une situation où plus d’un lycéen sur deux ne poursuit pas jusqu’au baccalauréat après l’obtention de son BEP, alors même que le BEP n’a pas été conçu pour permettre l’insertion directe des jeunes sur le marché du travail.
C’est pour permettre à un plus grand nombre de lycéens professionnels de parvenir au niveau du baccalauréat que j’ai entrepris la réforme du baccalauréat professionnel en trois ans qui sera étendue à la quasi-totalité des séries du baccalauréat professionnel à partir de la rentrée 2009.
Cette réforme s’inscrit dans la profonde rénovation de la voie professionnelle que j’ai engagée avec l’ensemble des acteurs pour réduire le chômage des jeunes, élever leur niveau de qualification et changer le regard que portent les Français sur l’enseignement professionnel.
Car le baccalauréat professionnel est un examen qui vit au rythme de notre société et qui s’adapte en permanence pour en accompagner les changements.
Ainsi, trois nouvelles spécialités ont été introduites cette année : l’une consacrée à l’« artisanat et métiers d’art, option marchandisage visuel », l’autre au métier de « technicien géomètre-topographe », sans oublier la rénovation de la spécialité « technicien du bâtiment : organisation et réalisation du gros œuvre ».
En outre, à partir de cette année, les candidats au baccalauréat professionnel pourront bénéficier d’une épreuve de rattrapage, ce qui va dans le sens de l’égalité de traitement pour l’ensemble des candidats au baccalauréat.
Cette session 2009 du baccalauréat voit aussi la généralisation à toutes les séries technologiques de l’épreuve facultative de Langue des signes française qui avait été proposée l’an dernier aux élèves des classes terminales des séries générales et de la série technologique « hôtellerie ». Cette épreuve est donc ouverte à tout candidat des séries générales et technologiques, qu’il soit malentendant ou non.
En 2009, 504 candidats ont choisi de passer la LSF contre 188 en 2008. Cette réforme va dans le sens des efforts que j’ai engagés à l’Education nationale pour permettre l’intégration en milieu scolaire ordinaire des élèves porteurs d’un handicap. Au-delà de l’école elle-même, c’est un enjeu qui touche à la conception même que nous nous faisons de la vie en société.
Au-delà du contenu et de la difficulté des épreuves, le baccalauréat constitue une période charnière pour les élèves, entre l’aboutissement des études secondaires et l’entrée dans l’enseignement supérieur, sur le chemin qui les mène à la vie active.
En choisissant la voie professionnelle, générale ou technologique, puis leur série de baccalauréat, les élèves commencent à préparer leur orientation. Or trop souvent, les choix effectués au lycée ont leur logique propre et ne correspondent pas aux études suivies dans l’enseignement supérieur.
Trop d’élèves, trop de familles, concentrés sur l’objectif du baccalauréat, se retrouvent désorientés au moment de choisir une filière d’enseignement supérieur au début du second trimestre de la terminale.
C’est la conséquence, sans doute, d’un système d’orientation qui est souvent jugé trop complexe et trop peu réactif. Or l’école doit être aux côtés des familles pour leur donner tous les outils et tous les conseils nécessaires qui leur permettront de connaître plus concrètement la réalité des différentes filières auxquelles ils se destinent.
Voilà pourquoi la question de l’orientation des élèves est au cœur de toutes les réflexions qui sont menées sur l’avenir du lycée. Elle a été clairement identifiée par Richard Descoings au cours de la mission qu’il a effectuée dans plus de 80 lycées, il l’a clairement abordée dans son rapport et c’est tout aussi clairement que nous devrons en discuter lorsque nous débattrons des préconisations de ce rapport à la rentrée prochaine, comme l’a proposé le Président de la République. J’ai été particulièrement sensible à la volonté exprimée par Richard Descoings de redéfinir le rôle de la classe de seconde pour ne pas conduire les élèves à une spécialisation trop précoce et de rééquilibrer l’offre d’enseignement entre toutes les filières proposées par le lycée, y compris les filières technologiques dont les mérites restent trop souvent méconnus des élèves.
En attendant de pouvoir mettre en débat les pistes concrètes de réforme du lycée qui découleront de ces réflexions, j’ai souhaité que nous entamions sans attendre le chantier de l’orientation. C’est pourquoi nous avons mené dès cette année, à Amiens, une expérimentation de plateforme multimédia d’orientation alliant la téléphonie et l’internet, qui a connu un grand succès.
Nous allons étendre ce dispositif à la rentrée prochaine, en créant cinq nouvelles plateformes interrégionales qui couvriront l’ensemble du territoire métropolitain et d’outre-mer.
Simultanément, nous mettrons en place sur le site de l’ONISEP un système de géo-localisation des formations qui permettra à chacun, et à tout moment, d’avoir accès à l’ensemble de l’offre de formation de l’Education nationale. Pascal Charvet, le directeur de l’ONISEP, vous donnera tout à l’heure le détail de ces nouveaux services offerts aux élèves et à leurs familles.
Dans le même temps, je crois que l’Education nationale a envers les familles un devoir de transparence absolue sur la réalité des différentes filières, et notamment, sur leurs débouchés. Je veux donc accentuer notre effort sur les dispositifs de découverte professionnelle, sur les partenariats avec le monde de l’entreprise et sur les stages.
Dès la prochaine année scolaire, au moment de l’orientation, les parents seront informés des taux d’insertion professionnelle des filières dans lesquelles leur enfant a décidé de s’orienter, de celles qui embauchent et de celles qui n’embauchent pas, qu’il s’agisse de leur orientation en fin de terminale vers l’enseignement supérieur ou en troisième ou en seconde pour ceux qui choisissent la voie professionnelle. Cette information doit être apportée dans le cadre de l’orientation active, avant d’entrer à l’université ; je souhaite l’étendre à l’enseignement professionnel.
C’est donc un vrai parcours d’orientation et de préparation à l’insertion que je veux mettre en place depuis le collège et en direction de l’enseignement supérieur. Ce parcours, il faut en assurer la mémoire et la traçabilité, pour permettre notamment d’améliorer la qualité des échanges entre les élèves, leur famille et l’école.
Pour cela, nous mettrons donc en place au cours de l’année prochaine un passeport d’orientation qui comprendra toutes les informations permettant aux élèves de bénéficier d’un suivi continu par les équipes éducatives.
Mieux aider les enfants à choisir leur avenir, c’est l’objectif de ce vaste chantier, conformément à l’engagement du Président de la République dans sa campagne présidentielle.
Vous le voyez, le baccalauréat n’est pas qu’un rite de passage entre deux âges, c’est aussi  le point de rencontre de nombreux enjeux au cœur de la réflexion sur l'avenir de l'école. En réformant profondément notre système d’orientation  cette année, nous faisons évoluer l’école pour l’adapter aux défis qui sont devant elle.
Je voudrais terminer en formulant à nouveau tous mes vœux aux candidats et aux familles et saluer le travail des recteurs, des enseignants et des chefs d’établissements. Labor omnia vicit improbus, « un travail acharné vient à bout de tout », disait Virgile. Bon courage et bon bac à tous !
Je vous remercie.

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