Malgré les grèves, l'université fait encore recette

Publié le par Esprit Campus

Marie-Estelle Pech
LE FIGARO.FR 12/06/2009

Au total, près de 632 000 élèves se sont préinscrits sur le site qui centralise toutes les formations du supérieur. 42,2 % des élèves de terminale générale se sont inscrits en licence.

Le dossier unique de préinscription dans le supérieur a été cette année généralisé via le portail Internet admission post-bac : près de 632 000 élèves, dont 80 % de terminale, se sont préinscrits. Ils ont exprimé environ 3,4 millions de vœux soit une moyenne de cinq vœux par élève, au lieu de quatre l'année dernière. Ces lycéens avaient jusqu'à hier, 14 heures, pour consulter les propositions qui leur ont été faites et y répondre. Ils ont pu répondre soit par un «oui définitif», soit par un «oui mais», un «non mais» ou encore envoyer un «non» à tout. Avec ces deux dernières possibilités, certains risquent toutefois de se retrouver sans affectation, à moins de contacter directement l'établissement souhaité lorsqu'il s'agit d'une université.
En revanche, ceux qui n'ont pas obtenu leurs premiers choix peuvent répondre un «oui mais», en espérant que lors de la deuxième phase d'admission (du 23 au 26 juin) ou à la troisième (du 14 au 17 juillet), ils bénéficient d'une meilleure proposition.
Ce nouveau processus fait déjà débat, surtout en région parisienne où les facs sont nombreuses. «On a l'illusion du choix mais on est avant tout affecté dans l'établissement le plus proche de notre domicile», affirme Léa, dont les parents sont domiciliés à Rueil-Malmaison. La plupart des élèves de sa terminale L ont ainsi reçu une proposition d'affectation à l'université de Nanterre (Paris-X) qui ne correspondait pas à leurs vœux prioritaires. «On avait demandé Paris-III ou Paris-IV, dans le centre de Paris, mais c'est sans doute réservé aux Parisiens. C'est le retour de la carte scolaire», se désole-t-elle. Clémence, qui avait demandé une bilicence (anglais-droit), une filière sélective universitaire, a quant à elle le sentiment «d'avoir été jetée d'un seul coup, sans explication et sans possibilité de pouvoir correspondre avec quelqu'un pour en demander» les raisons.

Impossibilité de changer ses vœux après validation

Autres griefs, la difficulté de compréhension du site fait florès sur Internet. «Y a-t-il possibilité de changer mon choix ? J'ai cliqué sur oui avant-hier, mais je voudrais mettre un oui définitif, parce qu'après réflexion mon vœu 2 est meilleur que le 1. Je n'ai pas dormi de la nuit, merci de m'aider !» Les déçus seront nombreux, comme tous les ans. Selon une étude de la Sofres pour le ministère, le portail admission post-bac est devenu un outil «familier» des lycéens dont la vocation est cependant « mal appréhendée par ses utilisateurs». «Certains le considèrent aussi comme un site d'informations », remarque l'étude. D'un point de vue ergonomique, le portail est « apprécié tant en terme de navigation que de présentation». Cependant, des «ajustements à la marge » sont «souhaitables», en «mettant davantage en avant certaines procédures : l'utilité des fiches à imprimer, la nature du dossier à envoyer, la possibilité de changer ses vœux après validation, les vœux hors procédure, etc.».
Il est encore difficile de savoir si la crise universitaire va affecter les inscriptions. En Ile-de-France, celle-ci semble avoir eu un impact. Lors de la phase de formulation des vœux le 31 mars, le rectorat dénombrait 27,6 % des étudiants souhaitant s'inscrire en première année de licence alors que 66,9 % souhaitent s'inscrire dans une «filière sélective» ! Les chiffres concernant l'ensemble de la France sont cependant beaucoup moins pessimistes pour l'enseignement général universitaire qui reste l'orientation privilégiée des bacheliers. Pour le moment, 42,2 % des élèves de terminale générale (120 496) ont émis le souhait de s'inscrire en licence. Ils sont 18,6 % (53 157) à souhaiter s'inscrire en IUT, 11,9 % (34 027) en STS, 18,3 % (52 183) en classes préparatoires. Quelque 9 % (25 631) sont classés dans la catégorie «autres». Il ne s'agit, certes, que de souhaits… Les murs des filières sélectives n'étant pas extensibles, les futurs étudiants devraient être finalement beaucoup plus nombreux à s'inscrire à l'université. En 2007, ils y étaient 56 %.

Publié dans Actu étudiante

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