Le décrochage dans l’enseignement supérieur et la question de l'insertion

Publié le par Esprit Campus

www.e-tud.com le 16 juin 2009
Selon la dernière enquête Génération du Céreq, 20% des étudiants issus de l'enseignement supérieur abandonnent leurs études sans avoir obtenu de diplôme, ce qui représente près de 75 000 individus. Un « décrochage » massif qu'une équipe, composée de cinq observatoires du supérieur et du centre associé au Céreq de Bretagne, a tenté de comprendre en analysant, au passage, les parcours d’insertion de cette population sortante sans diplôme de l’université.
Cette enquête est le fruit de l'interview de 60 « décrocheurs », réalisée entre novembre 2007 et mars 2008, qui ont accepté de témoigner de leurs parcours.


Le mauvais processus d'orientation

Parmi les situations propices au décrochage figurent en premier lieu les inscriptions par défaut. A titre d'exemple, l'enquête Génération 2001 du Céreq montre qu'un quart des sortants sans diplôme de DEUG avait été refusé auparavant en STS ou IUT. Un sixième des personnes intérrogées dans le cadre de cette enquête relatent également que le mauvais processus d'orientation est à la base même de leur sortie précoce de ce système : mauvaise information sur l'orientation ou encore représentation illusoire que les élèves ont d'une matière enseignée.
La mauvaise adaptation à de nouvelles méthodes de travail
Pour d'autres, l'adaptation à de nouvelles méthodes de travail, bien différentes du lycée, est insurmontable. La difficulté à comprendre ce qu'attendent vraiment leurs professeurs et à identifier par conséquent le « travail à faire » les conduit à travailler de manière inadéquate ou à tout simplement à arrêter de travailler. La dispersion des heures de cours dans la semaine, qui nécessite une bonne organisation, s'ajoute à cette mauvaise compréhension des codes du travail intellectuel.

L'activité extra-universitaire, concurrente des études
La dernière raison évoquée est l'activité extra-universitaire. Souvent considérée comme concurrente des études, cette dernière peu prendre beaucoup de temps et empiéter petit à petit sur le travail scolaire, en particulier le salariat. Cet engagement parallèle, qui connaît un fort développement depuis une trentaine d'années, place l'étudiant dans la difficulté de concilier deux emplois du temps.
Les trois motifs énoncés ne sont pas les seuls facteurs de ce "décrochage". Les problèmes personnels (famille, santé etc.) font également partie des situations propices à cette sortie de route.

La spirale composée de petits boulots et chômage
Cette enquête tente également d'analyser les parcours d’insertion de cette population sortante sans diplôme de l’université. Parmi elle, 1/3 des personnes connaît la spirale des petits boulots auxquels s'ajoutent les périodes d'inactivité.
La concrétisation d'un projet initial
Une trentaine de jeunes profitent, quant à eux, de cet arrêt pour concrétiser leur projet initial (projet professionnel ou de formation). Parfois ce dernier nécessite un retour en formation. L'alternance (STS, formations de l'AFPA, BPJEPS, BEATEP, contrats de professionnalisation) est, dans ce cas, la voie qui est la plus plébiscitée pour faire aboutir leur projet.
Des parcours peuvent également se créer à l'issue du décrochage, en laissant un temps de réflexion au jeune nécessaire à la construction d'un vrai projet professionnel.

L'acquisition d'une position stable et d'une autonomie financière

Enfin, une dizaine de jeunes témoignent de leur volonté d'acquérir une position stable pour bénéficier d'une autonomie financière. Afin de pouvoir s'investir dans une passion, s'occuper de leur famille ou profiter de leurs loisirs, ils entrent rapidement sur le marché du travail et prennent un emploi alimentaire. Cependant, les contrats et les retours en formation rythment souvent les premiers mois, voir les premières années de cette mise sur le marché et les emplois occupés sont le plus souvent de faible qualification (agent administratif, vendeur etc.).

Publié dans En France et ailleurs

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