Le gouvernement va supprimer 16.000 postes à l'Education nationale en 2010

Publié le par Esprit Campus

Le ministre du Budget, Eric Woerth, présente aujourd'hui à l'Assemblée nationale les principales orientations du budget 2010. Cette année, les dépenses évolueront conformément à l'inflation, grâce à des frais liés à la dette inférieurs de 3 milliards à 4 milliards d'euros à la prévision.


L'annonce survient à un bien mauvais moment pour Nicolas Sarkozy. Lundi, devant le Congrès, le chef de l'Etat a beaucoup insisté sur les investissements à réaliser pour préparer l'avenir, en mettant en avant, notamment, ceux concernant l'éducation : réforme des lycées, internats d'excellence, écoles de la deuxième chance, etc. Aujourd'hui, devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le ministre du Budget, Eric Woerth, doit présenter les principales orientations du budget 2010, alors que les lettres plafonds fixant les moyens des différents ministères ont été envoyées il y a dix jours. Il devrait faire état de la suppression de 16.000 postes dans l'Education nationale en 2010, après 13.500 cette année et 11.200 en 2008. Sachant que le départ de quelque 34.000 agents est anticipé dans l'Education, la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera donc presque atteinte (le taux de non-remplacement sera de 47 %, contre 38 % en 2009). Il reste à savoir comment ces suppressions seront réparties entre écoles primaires, collèges et lycées.

Objectif atteint
Cela permettra au gouvernement d'atteindre l'objectif annoncé dès le mois dernier : la suppression de 34.000 postes de fonctionnaires en 2010 (pour environ 68.000 départs). Plus précisément, le nombre de postes supprimés serait de 33.500 hors budgets annexes. Les autres ministères concernés au premier chef sont la Défense (avec un peu plus de 8.000 emplois supprimés l'an prochain), le ministère de l'Intérieur, avec près de 3.500 emplois en moins, et celui du Budget et des Finances (près de 3.000). Seule mission bénéficiant de créations nettes de postes : la Justice aura 400 emplois supplémentaires (en particulier pour l'encadrement dans les nouvelles prisons). Et si l'Education voit ses effectifs diminuer sensiblement, l'Enseignement supérieur et la Recherche bénéficient comme prévu d'un gel des suppressions de postes en 2010 et 2011.
Côté crédits budgétaires, Eric Woerth est parvenu à respecter la règle d'une évolution des dépenses limitée à l'inflation, en 2009 comme en 2010, hors dépenses de relance. Et ce, en dépit d'une hausse des prix plus faible que prévu (0,4 % en 2009, 1,2 % en 2010). Les dépenses liées à la dette, en dépit d'une explosion des volumes, sont en effet nettement revues à la baisse : elles seraient cantonnées entre 39 et 40 milliards d'euros cette année au lieu des 43 milliards prévus. L'explication est double : les taux d'intérêt sont très bas et Bercy avait provisionné des dépenses pour les titres indexés sur l'inflation qui se révèlent superfétatoires. En 2008, l'inverse s'était produit puisque cette indexation (15 % des obligations) avait alourdi la charge de la dette de 2,5 milliards. Le respect de la norme « zéro volume » n'empêchera pas le déficit budgétaire de se situer autour de 127 milliards d'euros en 2009 (« Les Echos » du 22 juin).

Bouffée d'oxygène

Pour 2010, le gouvernement revoit aussi les frais de la dette à la baisse, à 42,5 milliards d'euros au lieu des 45,2 milliards qui figuraient dans la loi de programmation. Cette bouffée d'oxygène, à laquelle il faut ajouter quelque 400 millions d'euros de dépenses de retraites de moins pour les fonctionnaires (en raison de la faible inflation), permet de compenser les dérapages anticipés sur les dépenses sociales : le budget de l'Emploi est revu à la hausse de 700 millions d'euros, de même que les dépenses de la mission Solidarités, le budget de la Ville et du Logement étant quant à lui relevé de près de 500 millions d'euros par rapport à la loi de programmation.

ÉTIENNE LEFEBVRE, Les Echos le 24 juin 2009

Publié dans Actu étudiante

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