Bac professionnel :Préavis de grève déposé dans l’académie de Rouen

Publié le par Esprit Campus

Les syndicats SGEN, FO et SNUEP-FSU ont adressé un courrier au recteur de l’académie de Rouen annonçant le dépôt d’un préavis de grève pour les 8 et 9 juillet prochain. L’intersyndicale veut ainsi dénoncer la mise en oeuvre « improvisée » d’une épreuve de rattrapage en baccalauréat professionnel qui n’existait pas jusqu’alors et qui n’a été officialisée par arrêté que le 10 février dernier.

Parmi ses griefs, l’intersyndicale estime que « cette épreuve dite de "contrôle" contribue à une nouvelle dévalorisation de ce diplôme ». Un préavis de grève est donc déposé « afin de couvrir les PLP (professeurs en lycée professionnel - NDLR) qui ne souhaitent pas participer à la mise en oeuvre de cette nouvelle épreuve ». Une demande d’audience a également été déposée auprès des services compétents du rectorat de Rouen.

En outre, une lettre signée par la CGT, SUD le SNFOLC, le SNCL, le SNUEP-FSU et le SNEP a été envoyée au ministre de l’Éducation, Xavier Darcos. Le courrier dénonce cette épreuve qui « découle du même décret que celui qui généralise le bac pro en trois ans » et que l’intersyndicale continue de trouver néfaste (voir l’Humanité du 25 mars 2009). Le coefficient attribué à cette épreuve (50 % de l’examen) est également fortement dénoncé car il « conduit à rendre négligeables les enseignements généraux et même les enseignements professionnels théoriques ». En effet, cet oral de rattrapage reposant sur la seule pratique professionnelle en entreprise, les élèves n’auront qu’à compléter « une simple fiche de format A4 » dressant une liste des lieux de stage et des activités exercées.

Les syndicats estiment donc que cette épreuve « ne constitue nullement une véritable épreuve de contrôle permettant de mesurer les acquis des candidats dans les différentes disciplines de formation ». Bien au contraire, s’agit-il pour ces derniers d’une « dévalorisation des enseignements comme de la valeur du bac professionnel » qui doit sanctionner de solides connaissances pour être reconnu de qualité par les futurs employeurs. Il a donc été demandé au ministre de geler pour cette année cette épreuve, d’ouvrir de véritables négociations sur l’enseignement professionnel et ses modalités de délivrance des diplômes, ainsi que le retrait pur et simple de cet arrêté du 10 février 2009.

Frédéric Seaux, l’Humanité le 23 juin 2009

Publié dans Lycée et Bac

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