L'accueil des étudiants diverge d'une université à l'autre

Publié le par Esprit Campus

LesEchos.fr le 15 juillet 2009

Selon une enquête de l'Observatoire de la vie étudiante, les universités françaises ont encore des pratiques « hétérogènes » en matière d'accueil des étudiants. Outre le manque de moyens, elles peinent à concevoir de véritables stratégies.Selon une enquête de l'Observatoire de la vie étudiante, les universités françaises ont encore des pratiques « hétérogènes » en matière d'accueil des étudiants. Outre le manque de moyens, elles peinent à concevoir de véritables stratégies.

Leur précieux sésame en poche, un autre parcours du combattant commence pour les bacheliers : celui des inscriptions à l'université. Le nouveau système de préinscription du ministère de l'Enseignement supérieur doit en principe leur simplifier la vie : en fin de semaine dernière, 80 % des bacheliers avaient déjà reçu une affectation. Reste à savoir laquelle. Toutes les demandes ne seront évidemment pas satisfaites et, comme tous les ans, les universités vont accueillir le gros des troupes. D'ores et déjà, certains établissements parisiens croulent sous les demandes (Paris-I, II, VI). Certains bastions de la grève hivernale, comme Rennes 2, ont également eu l'heureuse surprise d'échapper à l'hémorragie des effectifs qu'ils redoutaient.

Manque de coordination
En sus des inscriptions, les étudiants vont devoir retrousser leurs manches pour trouver un stage, un cours de soutien ou une activité sportive pour cette rentrée. Car c'est un fait : les 83 campus accusent du retard dans ce domaine - notamment sur les grandes écoles -, alors même que la démographie étudiante - en baisse - devrait les inciter à redoubler d'efforts. Selon la dernière enquête de l'Observatoire de la vie étudiante (1), qui a demandé à 70 universités de détailler leurs pratiques en matière de vie étudiante (bourses, sport, médecine, stage…), « la situation s'améliore, mais les pratiques restent brouillonnes et très hétérogènes d'une université à l'autre ». Les bons élèves ? Les universités des grandes métropoles, comme Strasbourg, Grenoble ou Clermont-Ferrand, qui ont depuis longtemps pris le taureau par les cornes. Ou les facs de sciences qui, confrontées à des baisses d'effectifs, ont mis l'accent sur l'accueil et l'insertion professionnelle, prenant de l'avance sur leurs consoeurs littéraires. Les auteurs de l'ouvrage, Guillaume Houzel et Florence Kunian, décernent également un satisfecit aux services de santé. Pour le reste, le bilan est plus mitigé : « manque de moyens », « faiblesse des réflexions stratégiques ». « Il y a des initiatives à foison, mais elles sont peu coordonnées, et mal évaluées »,explique Guillaume Houzel. En matière d'insertion professionnelle, le bilan est plutôt sombre alors même que les besoins des jeunes sont devenus encore plus criants avec la crise. « Les universités ne sont pas armées pour détecter les étudiants en grande difficulté et elles ne sont pas dimensionnées pour offrir à tous des prestations pointues, comme la rédaction de CV. Ces projets existent donc de manière un peu confidentielle et profitent aux étudiants les mieux informés, souvent ceux qui en ont le moins besoin », constate Florence Kunian. Des chantiers que les universités espèrent bien pouvoir développer l'année prochaine, si la tension s'apaise sur les campus.

L. A., Les Echos

(1) « Politiques de vie étudiante des universités »,« La Documentation française ».

Publié dans Actu étudiante

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