Une étude souligne le retard des universités dans les services offerts aux étudiants

Publié le par Esprit Campus

LE MONDE | 31.07.09 | 16h38

La rentrée, en septembre, près de 1,4 million d'étudiants fréquenteront l'une des 83 universités françaises. En sus des cours, quels sont les services qui leur seront offerts pendant l'année universitaire ?

Accueil, orientation, santé, activités sportives et culturelles, soutien aux associations, aide à l'insertion professionnelle... l'Observatoire de la vie étudiante (OVE) a mené une enquête sur les pratiques des universités en matière de vie étudiante. Conduit de 2005 à 2008 auprès de 500 responsables issus de 70 universités, ce travail, réalisé par Florence Kunian et Guillaume Houzel et publié mi-juillet, est le premier tableau d'ensemble réalisé sur le sujet.

Premier constat, les campus français accusent du retard. Ignorant le modèle des campus à l'anglo-saxonne, l'université française a longtemps conçu sa mission uniquement autour de la transmission des connaissances. Tout ce qui pouvait contribuer à améliorer les conditions de vie et d'épanouissement des étudiants y était jugé secondaires. Les limites de leurs budgets n'étaient pas non plus très propices aux projets. "Il faudra attendre les années 1990 pour voir se multiplier des initiatives, explique Guillaume Houzel, un des auteurs, ancien président de l'OVE. Mais même si les universités ont fait de réels progrès en la matière, les pratiques restent brouillonnes et très hétérogènes d'une université à l'autre."

"LES SUJETS LES PLUS FRAGILES"

Refusant la logique de palmarès, l'étude dégage quelques grandes tendances. Les universités de Strasbourg, Grenoble ou Clermont-Ferrand font figure de précurseurs en matière de vie étudiante.

A l'inverse, leurs consoeurs parisiennes sont plutôt en retard. "La présence d'un grand nombre d'étudiants en second cycle censés être moins en demande de services, la présence d'un corps enseignant plus âgé pour qui l'université est d'abord un lieu de savoir, et enfin le manque de place à disposition pour implanter des espaces d'information ou de sociabilité peuvent expliquer cette frilosité", analyse M. Houzel.

Confrontées à des baisses d'effectifs, les facultés de sciences ont souvent un peu d'avance sur leurs homologues de lettres et de sciences humaines. Mais au-delà de ces quelques généralités, et en dépit de pratiques innovantes, les universités ont encore beaucoup de progrès à faire. "Leur grand problème, c'est de ne pas savoir toucher les sujets les plus fragiles", constate Guillaume Houzel.

En matière d'insertion professionnelle, par exemple, les dispositifs les plus aboutis se trouvent dans les filières qui offrent le plus de débouchés. Ce sont donc les étudiants qui en ont le moins besoin qui en profitent. L'enjeu pour les universités est d'arriver à généraliser ces bonnes pratiques à tous les étudiants. Cet objectif nécessite des moyens, une véritable réflexion stratégique et une évaluation des dispositifs existants. Trois conditions qui étaient jusqu'à présent rarement réunies dans les universités.

 

Politiques de vie étudiante des universités. 272 p., 23 €. 

Catherine Rollot


Publié dans Actu étudiante

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