Valérie Pécresse et les syndicats étudiants polémiquent sur le coût de la rentrée universitaire

Publié le par Esprit Campus

lesechos.fr le 28 août 2009

Selon les organisations étudiantes, le coût de la rentrée à l'université pourrait augmenter de 3 % cette année. « Faux », leur répond la ministre de l'Enseignement supérieur, qui annonce de nouveaux logements et pourrait revaloriser le montant des bourses.
L'initiative se veut emblématique. Hier, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a inauguré la première résidence étudiante issue d'une reconversion de caserne militaire. Quelque 34 chambres seront proposées dès septembre aux étudiants dans un ancien bâtiment de la citadelle d'Arras. « Un premier pas dans la bonne direction », s'est félicitée la ministre. D'ici à quelques années, 6.000 étudiants devraient profiter de ce type d'opérations menées dans 15 villes par les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Défense, et destinées à réaffecter d'anciens bâtiments de l'armée, désaffectés du fait de la réforme de la carte militaire.

Alors que la rentrée universitaire approche, cette inauguration vise à calmer les revendications étudiantes. Selon une enquête publiée mardi par l'Unef, le premier syndicat étudiant, le coût de la rentrée à l'université pourrait augmenter de 3,2 %, tandis que, pour la Fage, la hausse atteindrait 3 %. Selon cette dernière, le budget moyen d'un étudiant pour septembre atteindrait 3.054,36 euros à Paris et 2.472,63 euros en province. « Avec la crise, on s'attendait à une stabilisation voire à une baisse. C'est une douche froide », regrette Claire Guichet, présidente de la Fage. Les syndicats étudiants pointent notamment l'augmentation des frais d'inscription (+ 2,1 % pour le master et doctorat), de la Sécurité sociale étudiante (+ 3 euros), du ticket de restaurant universitaire, mais aussi et surtout du logement, qui représente 50 % du budget d'un étudiant. Selon la Fage, le prix mensuel des chambres - charges comprises - a augmenté de 10 % en moyenne cette année à Paris. « La pénurie de chambres en résidence pèse sur les prix »,pointe Claire Guichet.

Des motifs de grogne que le ministère conteste. Selon lui, le coût de la rentrée est « globalement stable par rapport à l'an dernier ». Et, hier, Valérie Pécresse a confirmé la livraison dès le mois prochain de 12.000 nouveaux logements étudiants, notamment dans 25 nouvelles résidences, dont six en Ile-de-France. C'est la première fois que l'objectif fixé en 2004 par le rapport du député Anciaux - 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations par an - est respecté. Depuis 2008, un plan de 620 millions d'euros sur quatre ans est mis en oeuvre pour pallier la pénurie actuelle.

« Accroître les aides directes »

Tout en reconnaissant les efforts menés, les syndicats veulent davantage. « Il faut accroître les aides financières directes », soutient Claire Guichet, qui demande une « allocation de rentrée étudiante » de 400 euros. Lundi prochain, Valérie Pécresse reçoit l'ensemble des organisations, et pourrait annoncer une revalorisation des bourses étudiantes.

MAXIME AMIOT, Les Echos

Publié dans Actu étudiante

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