Les bourses étudiantes revalorisées

Publié le par Esprit Campus

lemonde.fr le 1 septembre 2009

A l'issue d'une réunion avec les principales organisations syndicales étudiantes (UNEF, FAGE, UNI, PDE et CE), lundi 31 août, la ministre de l'enseignement supérieur a annoncé 50 millions d'euros de mesures sociales pour les étudiants. Et ce, "en période d'inflation négative", a souligné Valérie Pécresse.

Les bourses sur critères sociaux des échelons 1 à 5 seront ainsi augmentées de 1,5 % en 2009-2010. Les quelque 420 000 étudiants qui en bénéficient toucheront de 1 445 euros (échelon 1) à 3 905 euros (échelon 5) pour l'année.

La bourse à l'échelon 6, destinée aux 100 000 étudiants les plus modestes sera, elle, revalorisée de 3 %. Elle passera à 4 140 euros.

Enfin, le fonds national d'aide d'urgence sera abondé de 4,5 millions d'euros supplémentaires (+ 10 %) _ il était à ce jour de 45 millions d'euros. Une mesure destinée à "tenir compte des conséquences éventuelles de la crise économique, comme le chômage des parents, par exemple", a expliqué la ministre.

En 2008, comme en 2007, toutes bourses avaient été revalorisées de 2,5 %.

Ces annonces, qui sont traditionnellement faites pendant l'été, interviennent cette année après que les principales organisations ont publié, la semaine dernière, leurs estimations de l'évolution du coût de la vie étudiante : une augmentation de 3,2% pour la première organisation représentative, l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), de 3 % selon la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). L'UNEF avait alors précisé que "la valeur des bourses a chuté de 3 % depuis 2001". Le ministère, au contraire, assure que "la revalorisation des bourses [est] supérieure à l'inflation depuis 2001".

Quoi qu'il en soit, en sortant du ministère de l'enseignement supérieur, lundi, les principales organisations étudiantes se sont montrées plutôt satisfaites des mesures annoncées _ "C'est un coup de pouce bénéfique demandé par notre organisation", a par exemple déclaré Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF _ tout en précisant qu'elles étaient insuffisantes. De droite comme de gauche, elles ont notamment déploré que les classes moyennes ne soient pas suffisamment soutenues.

"Nous attendons toujours les mesures qui permettront que 2009 soit vraiment l'année de la vie étudiante, comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy en début d'année, a prévenu M. Prévost. Nous demandons un paquet social avec des mesures applicables immédiatement, comme un dixième mois de bourses ou une revalorisation de 10 % des aides au logement".
Après avoir reçu les organisations étudiantes, le 23 janvier, la présidence de la République avait en effet proclamé 2009 "année de la vie étudiante", demandant à Valérie Pécresse et à Martin Hirsch, Haut-commissaire à la jeunesse, "d'engager une concertation" qui devait aboutir "d'ici à l'été" et déboucher sur une deuxième rencontre avec Nicolas Sarkozy.

Cette réunion ne s'est pas produite. Mais la concertation a eu lieu, quoi que quelque peu occultée par celle, plus générale, conduite par M. Hirsch sur la jeunesse et qui a débouché, en juillet sur une cinquantaine de propositions (Le Monde du 23 juin 2009).

Mme Pécresse a rappelé que la première phase du "chantier de la vie étudiante" avait même été ouvert en 2007, après l'adoption de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Elle en a vanté les réalisations, évoquant "55 000 boursiers supplémentaires, une revalorisation des bourses de 150 millions d'euros", ou encore "un effort énorme pour les classes moyennes", en insistant : "Avant, il y avait un fossé, aujourd'hui, il n'y en a plus. Il n'y a plus d'étudiants dont les parents seraient non imposables et qui ne percevraient pas de bourses".

Ce chantier est "tous azimuts", a-t-elle poursuivi, et "il se poursuit : nous allons continuer à travailler avec les étudiants".

Benoît Floc'h

Publié dans Actu étudiante

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