"Les étudiants ont peur de l'avenir"

Publié le par Esprit Campus



07-09-2009

Claire Guichet, présidente de la Fédération des Associations Générales Etudiantes, revient pour METRO sur les thèmes les plus sensibles à un mois de la rentrée universitaire


La FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) fait sa rentrée, l’occasion pour elle de dresser un bilan alarmant sur les conditions de vie des étudiants. Sur fond de crise économique, ces derniers subissent de plein fouet le coût de la vie et sombrent peu à peu dans la morosité. Claire Guichet, présidente de la Fédération, revient pour METRO sur les thèmes les plus sensibles à un mois de la rentrée universitaire.


Parmi les nombreuses difficultés que rencontrent les étudiants, lesquelles vous inquiètent le plus en cette rentrée 2009 ?

Deux problèmes majeurs se dégagent. Tout d’abord, le logement. Le parc social est beaucoup trop restreint. Il ne peut accueillir qu’un tiers des boursiers. Donc les étudiants issus de la classe moyenne en sont exclus. Pour eux, la seule solution reste le parc privé. Comme les étudiants sont loin d’être les seuls à souffrir de la crise économique beaucoup de particuliers se rabattent sur des logements de petites superficies et donc il reste peu de studios disponibles.
Ensuite vient la question des jobs d’étudiants. On constate une baisse de l’offre d’emploi saisonnier et une baisse globale de 31% sur les petits boulots à l’année pour le premier trimestre 2009.

Mais justement, les étudiants ne sont-ils pas de plus en plus contraints de travailler à côté de l’université et cela au détriment de leurs études?

Si, bien sûr. Selon les chiffres de l’OVI (l’observatoire de la vie étudiante) un étudiant qui travaille jusqu’à 10 heures par semaine peut suivre ses études normalement. Le souci c’est que l’on constate que beaucoup d’étudiants se salarient pour une durée hebdomadaire plus importante, bien souvent pour payer leur frais de logement. Même si nous ne possédons pas de chiffres officiels nous savons que là encore, ce sont les étudiants issus de la classe moyenne qui pâtissent le plus de cette situation.

Vous tirez la sonnette d’alarme sur le mal-être des étudiants, notamment à travers la question du suicide. Pouvez vous nous en dire plus?
Selon les chiffres de l’USEM (Union Nationale des Mutuelles Etudiantes Régionales) plus de 8% des étudiants déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Ce chiffre grimpe jusqu’à 10% en Île-de-France.
On observe que cette tendance augmente petit à petit au fil des années et qu‘elle est trés souvent lié au thème de la précarité. Aujourd’hui les étudiants ont peur de l’avenir.

Clara Saer

Publié dans Actu étudiante

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