“Peu d’entre nous ont trouvé un petit boulot cet été”

Publié le par Esprit Campus

crise.blog.lemonde.fr/2009/10/06/

A l’heure du déjeuner, le technopôle du Madrillet grouille toujours d’étudiants, lycéens et d’élèves ingénieurs dans un va-et-vient permanent entre le restaurant universitaire, le tramway qui vient de Rouen, et le centre Leclerc juste à côté. Quatre étudiants en Master 2 Sécurité des systèmes informatiques (M2SSI) discutent devant l’université. Parmi eux, Benjamin, 23 ans, est un peu préoccupé.

Car cet été, il n’a pas pu travailler pour mettre un peu d’argent de côté. “Cela faisait cinq ans que j’étais employé par la même boîte tous les étés : une verrerie qui fabrique des flacons. Ils ont un service informatique assez conséquent. Mais quand j’ai appelé pour l’été, ils m’ont dit qu’ils ne prenaient personne, à cause des difficultés engendrées par la crise. Il paraît que pour ne pas avoir à les remplacer, ils ont même demandé à des salariés de reporter leurs congès. J’ai eu beau chercher partout autour de chez moi, je n’ai rien trouvé…” Benjamin est originaire de la région de Dieppe, à l’autre bout du département. “Même à la centrale nucléaire de Paluel, ils ne prenaient personne !”

“Mais c’est comme ça pour la plupart d’entre nous. Très peu ont trouvé un petit boulot cet été. Le seul que je connaisse, c’est quelqu’un qui a accepté de travailler en septembre au centre de tri de la Poste. Mais il a dû manquer des cours” confirme Clément, également étudiant en M2SSI.

La rentrée pour Benjamin s’avère donc plus difficile. “ça va un peu mal” dit-il en souriant, montrant sa volonté de ne pas dramatiser. Travailler l’été me faisait un sacré apport… Il faut bien que je paye mon loyer !” Il vit en colocation à Rouen avec Clément. 315 euros par mois chacun pour 48 m2. “En plus, tout se cumule, car jusqu’à l’an dernier j’étais boursier. La situation de mes parents n’a pas changé, ce sont les critères d’attribution qui sont différents. Ce qui fait qu’à 50 euros près on me l’a supprimée.” Il dit ça presque ironiquement, fataliste. Il n’a pas du tout envie qu’on le plaigne. On sent juste qu’il n’est pas tranquille. “Je me serre un peu la ceinture. Heureusement j’ai fait des économies sur ce que j’ai gagné les étés précédents.”

Dans un sourire, son colocataire le rassure. “Et puis cette année n’est pas entière. On finit la fac en mars, après on sera en stage. Même si on ne sera pas bien payé, ce sera quand même plus simple.” Des quatre étudiants, seuls Benjamin a déjà commencé à chercher l’entreprise qui pourrait l’accueillir au printemps pour valider sa formation. Sa déconvenue de l’été lui a servi de leçon. “Les places vont être chères…”

Aline Leclerc

Publié dans Actu étudiante

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