Autonomie des universités : une réforme « encore inachevée »

Publié le par Esprit Campus

Le rapport 2011 du comité de suivi de la loi LRU avance douze recommandations pour poursuivre la mise en oeuvre de cette réforme phare du quinquennat. Elles touchent aux questions brûlantes de la gouvernance, de l'évaluation, des moyens et du rôle de l'Etat.

 

C'est un rapport qui tombe à pic dans le débat sur l'autonomie des universités. Quand, à droite, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) est désignée comme l'une des plus grandes réussites du quinquennat, et que, à gauche, François Hollande veut la modifier par une « loi-cadre » afin de donner « une réelle autonomie ». Quand, depuis plusieurs mois, la polémique monte sur la réalité de l'autonomie des établissements face, entre autres, au coup de frein sur les budgets.

Le comité de suivi de la LRU rend public aujourd'hui son rapport annuel 2011, que « Les Echos » se sont procuré. Il devrait être lu avec attention. Il souligne tout d'abord la «  dynamique » engagée et des « acquis » : « les efforts de structuration des établissements et des sites, de rationalisation de la gestion, d'amélioration de la politique des recrutements ». Il relève aussi que les aspects législatifs ont été « menés à bien »  : toutes les universités sauf trois sont autonomes depuis le 1 er janvier 2012.

Investissements d'avenir

Mais le comité estime que le « processus est encore inachevé », en particulier pour les volets formation et recherche. Les établissements ont encore un « long travail à effectuer pour développer pleinement les compétences nouvelles » en la matière et, en conséquence, « se rapprocher des standards internationaux ». Le comité prévient aussi que la poursuite de la réforme n'est possible qu'à la condition de ressources suffisantes.

Un constat qui amène les auteurs à avancer douze recommandations. Parmi celles-ci, une révision du système d'attribution des moyens, en particulier de fonctionnement. Cela afin qu'il soit réellement lié à la performance comme le prévoyait, à l'origine, le système dit « Sympa » imaginé avec l'autonomie. Un groupe de travail doit se pencher sur cette épineuse question au ministère de l'Enseignement supérieur.

Le rapport suggère aussi de donner une place majeure au contrat quinquennal passé entre l'Etat et chaque université, en termes de stratégie, de moyens. Un point d'autant plus important, souligne le comité, que les investissements d'avenir, et donc la part des financements extrabudgétaires, sont en train de modifier les équilibres dans le financement de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il recommande aussi que le rôle régulateur de l'Etat passe plutôt par des incitations, des évaluations a posteriori que par «  des règles systématiques imposées dans tous les domaines : formation, recherche, gestion ». Tant la tentation paraît parfois grande de reprendre d' « une main centralisatrice et uniformisatrice » ce qui a été concédé d'autonomie.

Evaluation et transparence

Trois propositions portent sur le point essentiel de la gouvernance. Parmi celles-ci, figure le droit de vote des personnalités extérieures du conseil d'administration (souvent issues du monde économique) pour l'élection du président d'université. Un point sur lequel le gouvernement avait dû reculer. Pour la qualité de la recherche et de l'enseignement, le comité insiste tout particulièrement sur le nécessaire développement d'une plus grande culture d'évaluation et de transparence. Et appelle les établissements à davantage innover dans la formation des étudiants.

Quant à la structuration du paysage universitaire, les auteurs du rapport, s'ils saluent les mouvements de rapprochement, voire de fusion qui se sont accélérés, ils se posent la question de la cohérence et de la taille de certaines initiatives.

Par ISABELLE FICEK, Les Echos, sur le site lesechos.fr
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