Fuites au bac: les auteurs seraient identifiés

Publié le par Esprit Campus

Une nouvelle garde à vue

Selon nos informations, un 4e individu a été identifié dans l'affaire des fuites au Bac S. Il s'agirait de l'homme qui a transmis par MMS les données de l'exercice qui a fuité. Celui-ci serait en quelque sorte le "cerveau de la bande" qui, en l'état des investigations, "a peut-être été dépassé par les événements" et n'a "pas bien perçu les conséquences de (ses) actes", selon les sources proches de l'enquête. Selon les mêmes sources, ce troisième individu s'est présenté spontanément à la police jeudi soir "ne supportant plus la pression pesant sur ses épaules", "sachant qu'il était de toute façon identifié" et que "son interpellation était imminente".

Comme nous l'annoncions dès jeudi, deux frères originaires d'Ile-de-France avaient été placés en garde à vue, dans cette enquête préliminaire conduite par le parquet de Paris. L'un travaillerait dans l'informatique et l'autre serait étudiant dans le même domaine. L'une des pistes envisagée par les enquêteurs : le sujet a été consulté à l'imprimerie avant d'être mis en ligne, sans doute photographié au préalable sur place. Mais les frères se renverraient pour l'heure la responsabilité de cet acte. Durant leur garde à vue jeudi, les deux frères ont été "peu diserts". Le délai des premières 24 heures de leur garde à vue expire vendredi à 14h et on ignore si elle sera, ou non, renouvelée. Les enquêteurs ont remonté leur identité par le biais de leur adresse IP. Ils risquent trois ans de prison et 9000 euros d'amende. Après la découverte de cette fuite, le ministre de l'Education avait aussitôt porté plainte pour "fraude aux examens", "recel et abus de confiance".


Les profs de maths demandent que l'exercice de probabilité soit refait

La décision de Luc Chatel d'annuler un exercice de mathématiques du bac S, à la suite d'une fuite sur internet, est "la plus injuste", estime vendredi l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP). Elle préconise une réorganisation de l'épreuve en une heure, sur un seul exercice, mardi 28 ou mercredi 29 juin au plus tard".

 

Les recours des familles se multiplient
La décision de Luc Chatel, mercredi, de ne pas noter l'exercice incriminé, qui compte pour 4 points sur 20, et de modifier le barème final de l'épreuve n'était pas du goût de chacun jeudi. Un parent d'élève a déposé un recours devant le Conseil d'Etat, lequel a précisé peu après être incompétent pour l'examiner. Selon Médiapart, le recours visait à contester la décision prise mercredi par Luc Chatel. Un lycéen de La Rochelle a de son côté saisi le tribunal administratif de Poitiers pour demander l'annulation de cette décision. Dans le courrier envoyé jeudi au tribunal administratif, et que deux autres élèves du même lycée s'apprêtaient également à envoyer, le lycéen juge que la décision du ministre provoque "une rupture du principe d'égalité entre les candidats", a révélé le père de Léo, en terminale S au lycée René-Josué-Valin de La Rochelle. "Les candidats n'ont pas eu tous le même temps pour traiter les autres questions du sujet d'examen", ajoute ce professeur de physique, estimant que "ce n'est pas aux candidats de payer les erreurs du ministère". "Est-ce que pour punir quelques dizaines de fraudeurs, il faut pénaliser d'autres dizaines de milliers de candidats qui, eux, n'ont pas fraudé?", s'interrogeait-il.

 

Le gouvernement appelle les jurys à la clémence
Le gouvernement a demandé aux jurys de porter une "attention particulière" aux candidats dont la moyenne générale est légèrement inférieure aux seuils décisifs, pour ne pas pénaliser les élèves qui n'auraient pas triché et bien réussi l'exercice invalidé. 

 

La fuite postée sur un site de jeux vidéos
Selon les premiers éléments, lundi soir, à la veille de l'examen, un dénommé Chaldeen avait posté sur le forum d'un blog de jeux vidéos, une partie de l'énoncé du premier exercice, photo de mauvaise qualité à l'appui. Dans son post, Chaldeen écrivait : "ps: j'ai déjà mon bac je vous rends service donc soyez content"

 

Des fuites en physique et en anglais ?
Autre problème, les fuites s'arrêtent-elles vraiment aux mathématiques ? Pour en avoir le coeur net, le ministre de l'Education Luc Chatel a annoncé jeudi sur RTL l'ouverture d'"une enquête administrative" sur de nouvelles "rumeurs de fraudes au baccalauréat"."Je n'ai aucune indication sur d'autres fraudes au baccalauréat, la seule fraude avérée c'est celle que nous avons constaté à l'un des exercices de mathématiques. Concernant les autres rumeurs de fraudes au baccalauréat, j'ai décidé de lancer une enquête administrative", a-t-il précisé. Ces nouvelles suspicions portent sur les épreuves d'anglais et de physique de la même filière S. RTL révélait en effet jeudi avoir vu deux textos sur le portable d'un lycéen parisien, reçus avant les épreuves.

 

Le sujet d'économie du bac ES modifié après avoir été distribué par erreur  
Le sujet national de l'épreuve d'économie du bac ES a été modifié après avoir été distribué par erreur lors de l'examen d'histoire-géographie dans un lycée lyonnais mardi. Un événement "banal", selon le rectorat lyonnais, qui précise toujours disposer d'un sujet de secours et d'un sujet de remplacement. En l'occurrence, c'est le sujet de secours qui a finalement été distribué aux candidats à l'épreuve.

 

Chatel ne convainc pas les profs
La FCPE (parents d'élèves) et deux organisations de lycéens, Fidl et UNL, ont réclamé une réforme. "Cet incident très problématique est significatif de la nécessité désormais urgente de revoir les modalités d'organisation du baccalauréat, ainsi que de sortir du modèle d'un diplôme uniquement fondé sur l'examen terminal", écrivent-il dans un communiqué commun. La décision de Luc Chatel "n'est absolument pas satisfaisante", déplorent-ils. Pour autant, ils ne réclament pas l'annulation de l'épreuve car cette décision serait "trop pénalisante pour l'ensemble des candidats et matériellement compliquée à mettre à oeuvre". Les organisations s'inquiètent également de l'énoncé d'un deuxième exercice de l'épreuve de mathématiques du bac S qui serait "également remis en question". Une pétition circulait mercredi réclamant que le ministre revienne sur sa décision, brandissant la menace d'engager éventuellement "un recours au tribunal administratif". Je pense qu'à la suite des propositions des fédérations de parents d'élèves et des organisations lycéennes, nous devons réfléchir à l'organisation du bac et à la sécurisation plus forte des épreuves, c'est ce que j'ai demandé à l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale", a réagi Luc Chatel jeudi sur RTL.  Après l'annonce de cette procédure, Luc Chatel a réaffirmé jeudi sur Europe 1, avoir pris "la décision la moins pénalisante pour les familles et pour les élèves".

 

Par C.M. le 24 juin 2011 pour Lci.tf1.fr

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