L'actualité 2009 de l'Education : masterisation, réforme du lycée, statut des enseignants (partie I)

Publié le par Esprit Campus

e-tud.com lundi 4 janvier 2010

2009 fut une année chargée, riche en réformes, en protestations et en désillusions, notamment dans le domaine de l'Enseignement Supérieur pour lequel le gouvernement n'a cessé de multiplier les mesures.

Notre revue de presse de la semaine revient sur deux réformes clés, sur leurs déroulements, leurs enjeux et les réactions qu'elles ont suscitées.
1) Réforme du recrutement des enseignants et du statut d'enseignants-chercheurs

Déroulement

Réforme du recrutement et de la formation des enseignants : Valérie Pécresse et Xavier Darcos fixent les conditions


En janvier dernier, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse arrêtent les conditions de la mise en œuvre de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants. Objectif annoncé: garantir une meilleure qualité de la formation des futurs enseignants afin d'assurer une plus grande qualité de l’enseignement délivré aux élèves français et de revaloriser le métier de professeur.

Grève des universités : la CPU se pose en interlocuteur principal du gouvernement

S'ensuit une crise qui agite les universités françaises. Le 19 février 2009, entre 30 000 et 55 000 enseignants-chercheurs, chercheurs et étudiants se mobilisent, une nouvelle fois, pour protester contre les réformes lancées par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Afin d'amorcer une sortie de crise, la CPU (Conférence des Présidents d’Université) est mandatée par l’assemblée plénière pour mener les négociations avec le gouvernement.

Grève des enseignants-chercheurs : Valérie Pécresse tente d'apaiser les tensions

La contestation des enseignants et des étudiants ne cesse de s'amplifier pour faire obstacle à la réforme du décret de 1984. Appel à la grève illimitée, mobilisation de 53 universités, multiplication des AG, rassemblement d'environ 40 000 personnes lors de la journée d'action du 5 février...Face à l'amplification du mouvement, Valérie Pécresse amorce un mouvement de recul en nommant une médiatrice, afin de "prolonger" pendant deux mois la "concertation" sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

Mastérisation: les "précisions" du gouvernement rencontrent un rejet massif

Le 12 mars au soir, le ministère de l'Education nationale et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche publie conjointement un communiqué de presse, apportant des précisions sur la réforme très controversée de la formation des enseignants. Les réactions ne se font pas attendre. Majoritairement, les syndicats jugent ces aménagements très insuffisants.

Statut des enseignants-chercheurs : le décret est passé

Malgré les protestations massives dont le texte fait l'objet, le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs est bel et bien mis en application le 22 avril par le Conseil d'État, après avoir été examiné par le Conseil des ministres.

Décret du statut des enseignants-chercheurs: sa validation provoque la colère, la grève se poursuit

Cette mise en application provoque une vive colère d'une grande partie du monde universitaire. Le mardi 28 avril, trois mois après les premières manifestations, 20 000 étudiants et enseignants se mobilisent encore pour faire face à ce que certains nomment "la logique de mise en concurrence des universités et des membres de la communauté universitaire".

Mastérisation de la formation des enseignants : un rejet massif de la part du CNESER


Trente cinq voix contre et trois voix pour. C'est le résultat du vote consultatif du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) relatif à la circulaire portant sur la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement, qui s'est déroulé le 21 décembre dernier.

Statut des enseignants-chercheurs : le décret est passé

Malgré les protestations massives dont le texte fait l'objet, le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs est bel et bien mis en application le 22 avril par le Conseil d'État, après avoir été examiné par le Conseil des ministres.

Décret du statut des enseignants-chercheurs: sa validation provoque la colère, la grève se poursuit


Cette mise en application provoque une vive colère d'une grande partie du monde universitaire. Le mardi 28 avril, trois mois après les premières manifestations, 20 000 étudiants et enseignants se mobilisent encore pour faire face à ce que certains nomment "la logique de mise en concurrence des universités et des membres de la communauté universitaire".

Masterisation : la commission Marois-Filâtre rend son rapport

Les deux co-présidents de la Commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres, William Marois et Daniel Filâtre, remettent leurs conclusions et recommandations à Valérie Pécresse et Luc Chatel, le 17 Juillet. Leur rapport dresse quinze principes et propositions pour améliorer la formation des futurs enseignants et leur conférer une plus grande qualité professionnelle.

Mastérisation de la formation des enseignants : un rejet massif de la part du CNESER

Trente cinq voix contre et trois voix pour. C'est le résultat du vote consultatif du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) relatif à la circulaire portant sur la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement, qui s'est déroulé le 21 décembre dernier.

Les acteurs de l'Education exclus de toute concertation ?

Après le report de la réforme et les différents débats qui ont suivi, les principaux acteurs de l'Education et les syndicats s'attendaient naturellement à être partie prenante dans la mise en place du projet. L'annonce du 13 novembre 2009 avait d'ailleurs officiellement pour but de présenter "les décisions des ministres sur la base des conclusions du groupe de synthèse". Pourtant, à en croire les déclarations qui fleurissent sur la toile, il n'en est rien. La majorité des acteurs de l'Education et les syndicats dénonçant le fait que leurs contributions aient été ignorées.

Une réforme qui n'est pas à la hauteur des enjeux - CPU

La Conférence des présidents d'universités (CPU) affirme haut et fort que « la réforme n'est pas à la hauteur des enjeux et ne permettra pas d'atteindre les objectifs qu'elle se donne ». Pour elle "les propositions formulées mettent en évidence un malentendu profond sur la mastérisation et une méconnaissance de la réalité des cursus universitaires et des parcours étudiants".

Une parodie de concertation pour tenter de justifier de très mauvaises propositions - CDIUFM

Allant encore plus loin, la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) n'hésite pas, quant à elle, à parler de "parodie de concertation pour tenter de justifier de très mauvaises propositions" : "A une exception près (la place du concours de l’agrégation en fin de M2) les décisions ministérielles sont absolument identiques au projet préétabli. Le travail des groupes de proposition pendant six semaines n’a été qu’une mascarade, une mystification, faisant croire en l’existence d’une authentique concertation et surtout donnant l’illusion d’un consensus alors que ni l’une, ni l’autre n’ont jamais existé."

Les annonces n'ont fait l'objet d'aucune concertation - FSU

La FSU dénonce également le fait que "les annonces n'ont fait l'objet d'aucune concertation" et "qu'elles confirment une réforme qui se met en place contre l'avis de tous les acteurs concernés et débouchera à terme sur une ségrégation sociale plus grande et une dégradation de la formation professionnelle des enseignants et CPE."

2) Réforme du lycée

Les propositions de Benoist Apparu et Richard Descoings

Réforme du lycée : les propositions phares de Benoist Apparu


Le député UMP Benoist Apparu présente, le 27 mai, devant la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales, son rapport sur la réforme des lycées. Au travers de trente propositions, il entend rénover le lycée afin que celui-ci devienne « plus juste, plus égalitaire et plus efficace qu'il ne l'est aujourd'hui ».

Richard Descoings remet son rapport

Seulement quelques jours après la remise du rapport de Benoist Apparu, c'est au tour de Richard Descoings, directeur de Sciences-Po Paris, de révéler ses préconisations tant attendues pour la réforme du lycée. L'orientation, la revalorisation de la voie technologique, l'accès à l'autonomie des élèves et le rééquilibrage des filières sont au coeur de ce nouveau rapport.

Les grandes lignes de la Réforme du lycée dévoilées

Nicolas Sarkozy dévoile les grands axes de la Réforme du lycée

Devant une centaine d'élèves, d'enseignants et de cadres de l'Éducation nationale réunis à l'Élysée, Nicolas Sarkozy dévoile le 13 octobre 2009 les grandes lignes de la réforme du lycée qui doit entrer en vigueur l'an prochain. Fruit des consultations menées depuis près d’un an par Richard Descoings, par la mission parlementaire de Benoist Apparu et par l’ensemble des académies, cette nouvelle réforme se déploie en six grands axes.

Nicolas Sarkozy veut un lycée mieux adapté à son époque

Nicolas Sarkozy veut un lycée mieux adapté à son époque. Un lycée capable de faire face aux enjeux du XXIème siècle. C'est ce qu'il a expliqué lors de la présentation de sa Réforme du lycée. Pour y parvenir, le gouvernement décide de s'attaquer à trois volets : l'apprentissage des langues étrangères, la responsabilisation des lycéens et l'ouverture à la culture.

Une réforme jugée bien consensuelle

L'annonce de la Réforme du lycée, tant attendue après les vives protestations qu'avait rencontré la précédente version, n'enclenche ni une vague de protestations, ni d'ailleurs un grand enthousiasme. Globalement, les principales organisations d'enseignants et de lycéens saluent les mesures mais expriment également des craintes concernant les moyens pour les appliquer. Ils dénoncent de surcroît un manque de clarté quant à leur mise en œuvre.

Réforme des lycées : aujourd’hui les trompettes… et demain ? - SNES-FSU

La SNES-FSU considère que "le Président de la République a tenu compte des mobilisations de l’année dernière et répondu à des demandes fortes"(reconnaissance de l’importance de la voie technologique , rénovation de la série L etc.) mais pointe un certain nombre de faiblesses: discours qui ne répond pas au besoin d'amélioration des conditions de travail et d’étude, réutilisation de certaines mesures qui ont pourtant déjà prouvé leur inefficacité.

Réforme du lycée : une ambition limitée et des mesures parcellaires, des conditions de travail à prendre en compte
- Sgen-CFDT

De la même façon, le Sgen-CFDT salue certaines des mesures prises, celles qui « sont susceptibles de générer des évolutions positives », mais parallèlement dénonce le caractère parcellaire et le manque de cohérence de cette Réforme.

Réforme du lycée: "rien sur les inégalités entre établissements", pour la FIDL - Le Nouvel Observateur

La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) reconnaît quant à elle des "pistes intéressantes" mais déplore des "manques gravissimes", notamment l'absence de mesures "sur les inégalités entre les établissements".

Les médias se sont largement fait l'écho du sentiment général ambivalent suscité par cette Réforme. Le journal Les Echos avec son titre Lycée : des aménagements plutôt qu'une réforme résume assez bien l'impression générale laissée par l'annonce de ces mesures : une réforme qui comporte « des évolutions mais pas de grand chamboulement », et au sein de laquelle subsiste de « nombreuses interrogations ». Une réforme jugée « allégée » pour l'Express, ainsi que pour le Nouvel Obs. Ou encore une réforme « très scolaire » qui présente « une série de mesures très consensuelles » pour Libération.

Une réforme finalement approuvée par le CSE

Le CSE approuve la réforme du lycée présentée par Luc Chatel


Le 11 décembre 2009, le conseil supérieur de l'éducation (CSE) approuve finalement la réforme du lycée présentée par Luc Chatel. Destinée à "donner un élan nouveau au lycée républicain et à lui permettre d’assurer la réussite de chacun des élèves que la Nation lui confie", elle devrait finalement entrer en vigueur à la rentrée 2010 pour la classe de seconde, en 2011 pour la 1ère et en 2012 pour la terminale.

Publié dans Actu étudiante

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