L'admission post-bac: un piège à étrangers?

Publié le par Esprit Campus

Des croisements de fichiers informatiques permettraient d'écarter les élèves étrangers lors des inscriptions dans certaines filières de l'enseignement supérieur, d'après La Ligue des droits de l'Homme.

 

La procédure informatique destinée à permettre l'inscription des élèves de classes terminales dans les facultés et les autres filières de l'enseignement supérieur, l'APB (Admission Post Bac) crée la polémique. La Ligue des droit de L'homme (LDH), ainsi que certaines associations de lycéens et de parents d'élèves, (UNL, FCPE...) mettent, en effet, en cause la régularité des opérations menées par le ministère de l'Education nationale. 

 

Deux points posent problème. La LDH reproche, tout d'abord, au ministère de la rue de Grenelle d'avoir mis en place une procédure informatique qui permet d'identifier les élèves de terminale n'ayant pas la nationalité française quand ils remplissent leur dossier d'APB via internet. "Cette opération, affirme-t-on à la Ligue, ne peut se faire qu'en croisant différents fichiers de données personnelles. Il s'agit d'une pratique illégale car la réglementation interdit qu'on utilise un fichier à un autre usage que celui qui a présidé à sa construction." 

"Une décision clairement discriminatoire"

 

Second point noir: ce tri entre les élèves de nationalité française et ceux ne la possédant pas aurait pour objectif d'empêcher les élèves étrangers scolarisés dans les lycées d'accéder à des formations d'apprentissage en IUT. Une sélection que le ministère assumerait afin de lutter contre le travail des sans-papiers affirme la LDH, qui dénonce "une décision clairement discriminatoire".

 

En conclusion, la LDH rappelle que "de nombreux jeunes majeurs encore scolarisés se sont vus menacés d'expulsion et parfois expulsés même dans les jours qui ont suivi leur majorité" et dénonce une "transformation des services de l'Education nationale en forces supplétives de la police".

 

Côté ministère on semble, pour l'heure, privilégier la discrétion sur ce dossier désormais particulièrement sensible.  

 

Par Laurent Chabrun, www.lexpress.fr

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