La première année de médecine fait peau neuve à la rentrée

Publié le par Esprit Campus

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17/06/10 

 

A la rentrée de septembre, une première année commune des études de santé accueillera l'ensemble des étudiants en médecine, odontologie, sages-femmes et pharmacie. Les réorientations en cas d'échec seront plus faciles.


Au baccalauréat, le taux de réussite avoisine généralement les 80 %. En première année de médecine, c'est le taux d'échec. Et parmi ces 80 % de recalés, beaucoup de « reçus-collés » : ceux dont les notes dépassent la moyenne mais ne leur permettent pas pour autant de décrocher l'une des précieuses places du numerus clausus (7.403 en médecine pour l'année universitaire 2009-2010). C'est pour remédier à ce « gâchis humain » qu'une refonte de cette filière extrêmement sélective a été engagée, a rappelé hier la ministre de l'Enseignement supérieur. Valérie Pécresse a présenté les modalités de cette réforme qui va aboutir, à la rentrée prochaine, à la création d'une première année commune des études de santé (PACES ou L1 santé).
Cette réforme vise d'abord à empêcher le choix « par défaut » qu'effectuaient les près de 50.000 étudiants en médecine, odontologie (dentiste) et sages-femmes selon leur classement au concours qui leur était commun. La PACES regroupera désormais la pharmacie (9.000 étudiants en 2009) en plus de ces trois filières, avec un tronc commun au premier semestre et des enseignements spécialisés au second. A son issue, les étudiants pourront passer quatre concours distincts avec, à la clef, des différences de coefficients selon le ou les choix effectués (par exemple un coefficient plus important en chimie pour les aspirants pharmaciens). Cela n'empêchera toutefois pas un « pourcentage non négligeable d'étudiants d'essayer de passer les quatre concours », reconnaît Yvon Berland, président de la commission santé de la Conférence des présidents d'université (CPU).


« Passerelles sortantes »

Autre objectif de la réforme, et pas des moindres : prévenir l'échec, limiter son caractère implacable et offrir des « passerelles sortantes » vers d'autres disciplines aux recalés. Le redoublement - car les étudiants ne peuvent pas tenter le concours plus de deux fois -ne sera accordé qu'aux étudiants dont le rang précédera 2,5 fois le numerus clausus. Ainsi, à Paris-Sud, où le numerus clausus était cette année de 128 places, les étudiants classés après la 320 e place n'auraient pas pu rempiler pour une deuxième première année. De même, les étudiants en échec dès la fin du premier semestre -ceux qui n'auront « statistiquement aucune chance de réussir le concours » -pourront être réorientés vers une autre licence, scientifique ou non. Mais ces étudiants pourront se réinscrire en PACES, douze à dix-huit mois plus tard, en fonction de leurs résultats dans les filières où ils auront été réorientés. Une sorte de redoublement à retardement. « Cette réorientation précoce va permettre aux étudiants réellement motivés d'aller combler leurs lacunes dans les matières scientifiques fondamentales, afin d'avoir une meilleure chance à leur deuxième tentative », explique Chloé Loyez, présidente de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf).
Ces dispositions ne deviendront toutefois obligatoires qu'à la rentrée 2012, quand les universités auront défini leur offre de formation en la matière. Ce délai de deux ans est nécessaire, défend Yvon Berland, pour mettre en place des « dispositifs uniformisés sur l'ensemble du territoire ». Les universités se mettent déjà « en ordre de marche », assure-t-il. « On voit déjà que certaines universités ont décidé de jouer le jeu de la L1 santé, mais que d'autres appliqueront la réforme a minima », regrette pourtant Chloé Loyez.
Enfin, cette réforme vise à éviter les orientations irréversibles en assouplissant le « droit au remords » et en diversifiant le recrutement. Un étudiant qui aurait réussi à la fois le concours d'odontologie et de médecine, pourrait, en ayant tout d'abord choisi de devenir dentiste, poursuivre en médecine en 3 e année. Quant aux diplômés d'un master non scientifique ou d'un institut d'études politiques qui se découvriraient sur le tard une vocation pour les études de santé, ils pourront, sous certaines conditions, entrer directement en deuxième année.


JESSICA BERTHEREAU, Les Echos

Publié dans Actu étudiante

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