La recherche et les facs toujours condamnées au régime maigre

Publié le par Esprit Campus

humanite.fr le 29 10 2009

Les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche, au sein de la FSU, la CGT, l’UNSA, la CFDT et l’Unef, dénoncent le projet de budget 2010 consacré à l’université.

Le projet de loi de finances 2010 prévoit 1,8milliard d’euros d’augmentation pour l’enseignement supérieur et la recherche, répartis en 995 millions pour le premier et 804 pour la seconde. Ces chiffres confirment l’absence de suppressions d’emplois pour 2010 et 2011, ce qui avait été obtenu de haute lutte l’an dernier.

 

Mais, dénoncent les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche affiliés aux cinq syndicats, seul le tiers de cette augmentation, soit 650 millions d’euros, correspond à des crédits budgétaires allant réellement au service public. Les deux autres tiers sont répartis entre le crédit impôt recherche (mis en question par la Cour des comptes) pour 530 millions, les partenariats public-privé pour 420 millions et le paiement des intérêts de l’opération campus, qui, selon les syndicats, vise à restructurer en profondeur l’enseignement et la recherche. Ceinture pour les personnels. Un peu plus de 100 millions d’euros seulement viendront améliorer la situation des actifs. On ne peut pas appeler cela « une revalorisation historique » des enseignants-chercheurs, comme s’en prévaut le gouvernement. On parle essentiellement de primes individualisées qui jouent la mise en concurrence des personnels et dont le mode de répartition reste opaque. « Rien n’est prévu pour résorber la précarité, alors que le recours aux CDD ne fait que croître avec la multiplication des financements sur projets », s’indignent les syndicalistes.

 

Les étudiants sont encore plus mal lotis. Les crédits pour le 10e mois de bourse, dont la création pour 2010 a été annoncée par le président, ne figurent pas dans le budget. Quant à la promesse de construire 6 400 logements par an, il faudra se satisfaire de 3 800 en 2010.

 

Les syndicats demandent un état précis des emplois dans chaque établissement, un plan d’urgence, avec le recrutement de 2 000 enseignants-chercheurs, le rétablissement des postes supprimés en 2009, l’inscription du 10e mois de bourse au budget et la suppression du dispositif de crédit impôt recherche. Ils annoncent un rassemblement devant l’Assemblée nationale, le 15 novembre, jour du vote.

 

Emilie Rive


Publié dans Actu étudiante

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