Le plan Campus à la peine sur le terrain

Publié le par Esprit Campus

Sur les 5 milliards d'euros du Plan Campus, seuls un peu plus de 56 millions auraient pour l'heure été affectés à la rénovation des universités, soit 1% du budget. C'est ce que révèle un rapport de l'Assemblée nationale qui met en avant la complexité des projets et l'insuffisante gouvernance des universités.

 

Le plan Campus de rénovation immobilière des universités, lancé en 2007, a versé au 30 novembre aux établissements 56,9 millions d'euros, soit à peine plus de 1% des 5 milliards de son montant, selon un rapport bipartisan d'information de la Mission d'évaluation et de contrôle (Mec) de l'Assemblée nationale consacré aux financements extra-budgétaires de la recherche et de l'enseignement supérieur.

 

La modicité de cette somme tiendrait selon ce rapport, signé du député PS Alain Claeys à la complexité des opérations immobilières en cause. A cette raison s'ajouteraient également des considérations tenant à l'absence de compétence des universités en matière immobilière et à des lenteurs dues à l'insuffisante adaptation de la gouvernance du système universitaire. « Comme aujourd'hui, les universités n'ont pas les outils nécessaires à leur autonomie, résume Alain Claeys, il faut que l'autonomie s'accompagne d'un renforcement des moyens humains d'expertise pour mener à bien ces projets ».

 

Auditionné par l'Assemblée, dans le cadre de cette mission de contrôle, le 4 mai 2011, Alain Neveu, responsable du service « Grands projets immobiliers » au ministère de l'Enseignement supérieur apportait lui la précision suivante : « Si l’on s’attache à l’échelle des projets en régions, la taille des campus s’échelonne entre 40 hectares et 260 hectares. Il ne s’agissait pas seulement, par ailleurs, de projets scientifiques et pédagogiques d’une part et de projets immobiliers d’autre part. Il s’agissait également de projets urbains. Or un projet urbain ne s’élabore pas en quatre à cinq mois ».

 

170 millions d'euros en 2012


Malgré les défauts de gouvernance, et la lourdeur ou la complexité des projets, le Plan Campus aurait toutefois permis à certaines Universités de s'offrir un lifting en profondeur. Ce que n'a pas manqué de souligner le ministère de l'Enseignement supérieur, en mettant en avant les « chantiers effectifs » : rénovation de logements étudiants à Aix et à Montpellier, nouveau stade à Lyon et à Marseille, création de campus verts sans voiture à Strasbourg et à Toulouse, création d'une plaine des sports et d'une crèche inter-universitaire à Bordeaux… La libération des fonds en 2011 a permis de lancer 270 millions d'euros de travaux immédiats sur 58 chantiers et 170 millions vont être répartis sur des opérations pouvant être menées rapidement, dès le début 2012, a souligné le ministère en réaction au rapport.

Interrogé par l'AFP, Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup-FSU, principal syndicat des enseignants du supérieur, a estimé qu'«avec ces maigres intérêts, M. Wauquiez, qui se fait appeler le ministre de la concrétisation, n'a pas grand-chose à mettre à son actif ».« Derrière l'affichage de sommes mirifiques pour l'enseignement supérieur et la recherche, les conditions de travail des enseignants se dégradent et les universités voient leurs comptes passer dans le rouge les unes après les autres », a-t-il ajouté. Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, le plan Campus, doté de 3,7 milliards issus de la vente d’actions EDF auxquels ont été ajoutés 1,3 milliard d’euros issus du Grand emprunt, a pour but de rénover des universités aux locaux souvent vétustes et parfois dégradés mais aussi de créer des universités de taille mondiale.

 

XS sur le site acteurspublics.com

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