Les nouvelles pistes de l'orientation

Publié le par Esprit Campus

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19/02/10 


La période de l'orientation bat son plein. Voici les règles du jeu à connaître par les futurs bacheliers - et leurs parents -pour négocier au mieux ce virage délicat.


C'est désormais un rituel bien établi : chaque année, la saison d'hiver est aussi celle des choix d'orientation pour les étudiants et les lycéens. Pour 2010, les futurs bacheliers ont jusqu'au 20 mars pour exprimer leurs choix sur le site Admission post-bac. Dans une conjoncture maussade et un marché de l'emploi en berne, avec une offre de formations de plus en plus complexe, la tâche n'est pas facile. «  Même lorsqu'ils sont bien informés, c'est toujours un exercice délicat pour les jeunes, observe Jacques Lévi, consultant au CIDJ (Centre d'information et documentation jeunesse), à Paris. La plupart ont besoin d'être conseillés, mais aussi rassurés et accompagnés. » Voici un rappel des grandes tendances du moment, qu'il importe de connaître pour négocier au mieux cette étape.

· Un impératif : s'y prendre tôt. On ne le dira jamais assez : l'orientation est chose trop sérieuse pour être décidée au dernier moment. Il faut commencer à y réfléchir dès la classe de quatrième ou de troisième. Cela permet d'affiner ses choix, de corriger ses erreurs, de faire mûrir son projet. «  Dans bien des cas, le temps consacré à l'orientation reste insuffisant, indique Jacques Lévi. Certains futurs bacheliers sont insouciants de leur avenir ; d'autres ont le nez dans le guidon, et se retrouvent ensuite pris de court. » Parmi les outils à privilégier : les journées portes ouvertes organisées ces jours-ci par de nombreuses institutions - l'occasion de rencontrer des enseignants et des étudiants, de poser des questions et de « sentir » l'ambiance.

· Les filières courtes ont la cote. Point de salut hors des formations longues ? C'est de moins en moins vrai. Nombreux sont les recruteurs qui s'intéressent aux diplômés de niveau bac + 2 ou bac + 3 - titulaires d'un BTS ou d'un DUT, par exemple -, qu'ils jugent plus opérationnels et moins exigeants au plan de la rémunération. Résultat, ces filières offrent en général un bon taux d'insertion. «  Près de 93 % de nos diplômés décrochent un emploi dans les six mois qui suivent leur sortie », indique Pascal Crépin, président du réseau des EGC (écoles de gestion et de commerce, une trentaine d'établissements en France), qui forment des managers intermédiaires. En outre, il existe désormais de nombreuses possibilités de prolonger ensuite ses études, si l'on en ressent le besoin et les capacités.

· Vers la fin des chasses gardées. Le débat récent sur les boursiers dans les grandes écoles l'a rappelé : l'ouverture sociale des filières les plus cotées est désormais un impératif. «  Nous accueillons un nombre croissant d'élèves issus de milieux modestes », souligne ainsi Alain Storck, directeur de l'Insa-Lyon, l'une des plus importantes écoles d'ingénieurs. Conséquence, les lycéens qui affichent de bons résultats n'ont aucune raison de s'autocensurer : les « prépas » et les grandes écoles sont tout à fait à leur portée. Et pour ceux qui n'ont pas droit à une bourse d'Etat, il existe de multiples moyens de financer ses études : prêt d'honneur, emprunt bancaire, aides diverses, petits boulots, mission dans le cadre d'une junior entreprise… Sans oublier l'apprentissage.

· Les passerelles se multiplient. Fini le temps où un aiguillage manqué engageait le jeune pour la vie. Le droit à l'erreur est de plus en plus reconnu - même s'il vaut mieux éviter d'y recourir. Il existe même des formations de « remise à niveau », qui permettent de se repositionner et de repartir du bon pied. Même les universités offrent, en première année, des modules de réorientation - souvent peu utilisés, du reste.

· Recrutement : la personnalité fait la différence. «  Nous attachons de plus en plus d'importance à la personnalité des candidats. Avoir une tête bien faite, être motivé et enthousiaste, se montrer curieux : c'est là-dessus que se fait la différence entre deux diplômés de formation équivalente », assure François Humblot, président du cabinet Grant-Alexander. «  Notre recrutement est avant tout axé sur la motivation et la personnalité, plus que sur les connaissances techniques », confirme François de Wazières, directeur international du recrutement de L'Oréal.

· La vogue de l'apprentissage. Plébiscité par les entreprises, apprécié par les étudiants et les enseignants, l'apprentissage cumule (presque) tous les avantages. Il offre un enseignement plus concret que les filières classiques ; il permet de se familiariser avec le monde professionnel ; il aide à financer ses études. Et il débouche, bien souvent, sur une embauche ferme. L'apprentissage est de plus en plus présent dans l'enseignement supérieur. Reims Management School accueille ainsi 350 apprentis sur deux années. «  C'est la voie idéale de l'égalité des chances », souligne François Bonvalet, le directeur. Un bémol, cependant : ce type de cursus demande un effort soutenu, à l'école comme en entreprise.

· Les études littéraires mènent aussi à l'entreprise. Longtemps, on a pensé qu'elles ne menaient qu'à l'enseignement. Epoque révolue : de plus en plus d'entreprises apprécient les profils littéraires, pour leur sens de la nuance, leur culture générale, leur ouverture d'esprit. «  On peut très bien réussir en entreprise avec un bagage en histoire de l'art », indique ainsi Jean-Louis Mutte, directeur général de Sup de Co Amiens, qui a ouvert une filière permettant de combiner management et littérature. Grenoble EM a aussi créé un parcours permettant à ces élèves de décrocher une licence ou un master de lettres.

· L'université, rivale des grandes écoles.
Certes, le taux d'échec reste élevé en premier cycle. Mais ensuite, au niveau master, les universités offrent un tout autre visage : la qualité de la formation et l'insertion des diplômés y sont tout à fait satisfaisants. Mieux : avec le plan Campus et la manne du grand emprunt, elles vont disposer de moyens accrus et entendent se poser en rivales des grandes écoles. «  A l'université, les élèves sont moins choyés que dans les grandes écoles ; mais c'est une remarquable école de la vie, estime François Humblot. On y apprend à être autonome dans son travail. C'est un environnement qui convient très bien à certains profils. »

JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI, Les Echos

Publié dans Lycée et Bac

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