Les trois nouveautés de la rentrée universitaire

Publié le par Esprit Campus

 

13/09/10 www.lesechos.fr Jessica Berthereau

 

Un calendrier rallongé, la réforme de la première année de médecine et de la formation des futurs enseignants marqueront l'année 2010-2011.

 

Quelque 2,3 millions d'étudiants reprennent, ces jours-ci, le chemin de l'université, de leur école ou bien de leur lycée, s'ils sont en classe préparatoire. Une rentrée que la ministre de l'Enseignement supérieur veut placer sous le signe de « la réussite étudiante ». « Il n'y aura plus de génération sacrifiée », a promis Valérie Pécresse, lundi lors d'une conférence de presse, en rappelant deux décisions prises fin août par Nicolas Sarkozy : le maintien du cumul des aides aux logements et de la demi-part fiscale et l'octroi d'un dixième mois de bourse aux étudiants concernés. Bien accueillies par les organisations étudiantes, ces annonces ont ouvert la voie à une rentrée universitaire plutôt apaisée, mais pas exempte de nouveautés, entre prolongation de l'année universitaire, mue de la première année de médecine et arrivée de nouveaux masters, dits des « métiers de l'enseignement ».

 

Dix mois de cours à l'université

 

Le retour dans les amphis sera, cette année, un peu plus précoce. Les quelque 1,3 million d'étudiants inscrits à l'université réintègrent déjà leur fac pour des réunions de pré-rentrée ou des cours de remise à niveau en petits groupes. « 70 % des étudiants sont engagés désormais dans des cursus de plus de 9 mois », a rappelé lundi Valérie Pécresse. Cet allongement de l'année universitaire sur dix mois, votée par toutes les universités en juillet dernier, conditionnait le versement d'un dixième mois de bourse. Sa mise en oeuvre sera progressive : en 2009-2010, les étudiants boursiers ne toucheront qu'un demi-mois de bourse en plus.

 

Réforme de la première année de médecine

 

Pour les étudiants en première année de médecine, la nouveauté ne provient pas de l'allongement de l'année universitaire puisqu'ils étudiaient déjà pendant dix mois. Ils côtoieront désormais les étudiants en pharmacie, ondologie (dentiste) et sage-femme pendant une première année commune sanctionnée par quatre concours différents. Après un tronc commun au premier semestre, les étudiants choisiront ensuite des enseignements spécialisés en fonction du ou des concours qu'ils voudront présenter. Avec l'impossibilité de redoubler en cas de résultats trop faibles et une multiplication des passerelles et des équivalences, cette nouvelle première année vise à remédier au « gâchis humain » d'une filière où 80% des étudiants étaient jusqu'à présent recalés. Les universités, qui craignaient un afflux d'étudiants, font finalement face à un déficit d'inscrits. « Beaucoup d'étudiants redoublants en pharmacie se sont probablement auto-censurés », analyse Simone Bonnafous, vice-présidente de la Conférence des présidents d'université (CPU).

 

An I de la « mastérisation »

 

Depuis cette rentrée, il faut être titulaire d'un master (bac+5) pour présenter les concours de l'enseignement. De nouveaux masters « métiers de l'enseignement » ont été créés pour préparer les étudiants souhaitant rejoindre l'Education nationale. Mais il ne font pas recette pour le moment, selon la CPU. Cette dernière s'est alarmée, lors de sa conférence de presse de rentrée la semaine dernière, d'une « baisse des effectifs à toutes les préparations aux concours de l'enseignement », variant entre « -30 % et -50 % selon les académies ». « Tous les titulaires d'un master peuvent être candidats », insiste-t-on au ministère de l'Enseignement supérieur qui ne dispose pas encore de chiffres précis sur ce phénomène.

 

 

Publié dans Actu étudiante

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