Quelle ville étudiante est faite pour vous ?

Publié le par Esprit Campus


Décembre 2009


Si des grandes villes comme Toulouse ou Grenoble se placent en tête des villes où il est agréable d'étudier, d'autres à la taille plus modeste, comme Montpellier, réussissent à être de sérieuses rivales. Alors comment faire son choix ? En définissant bien vos priorités.


Comment définir la ville étudiante idyllique ? Une grande ville, comme Paris, qui offre un grand nombre de possibilités mais reste chère et encombrée ? Ou une ville de taille plus restreinte, qui mise sur la proximité avec un bon rapport qualité/prix ? "Tout dépend de la formation recherchée. Si on veut suivre une filière générale, classique (droit, langues, histoire…), mieux vaut étudier dans une ville moyenne, plus conviviale. L’intégration urbaine est plus facile. Si on recherche un cursus très spécifique, à la pointe du progrès, il est préférable d’étudier dans une grande ville pour l’émulation qui y règne, les laboratoires de recherche, les débouchés professionnels. Ce sont les grandes métropoles qui offrent les emplois les plus qualifiés", indique Pierre Albertini, délégué général de l’AVUF (Association des villes universitaires de France). Toutes les villes ont des atouts. Mais celles en tête du classement sont peut-être plus équilibrées que les autres…

Toulouse prend la première position


Cette année, Toulouse s’empare de la première place (à un point près !) détenue dans le classement 2009 par Grenoble. "Ce n’est pas une surprise, car la ville porte depuis deux ans un intérêt plus direct aux étudiants. Fin 2008, les élus ont créé un Conseil de la vie étudiante. Peu de villes ont fait cela. Malgré tout, Toulouse obtient d’excellents résultats dans des critères (offre de formation, international, culture, transports, emploi…) qui ne dépendent pas toujours de la politique de la ville. La présence des 3 universités, de nombreuses écoles d’ingénieurs, de laboratoires de recherche performants, du secteur aéronautique, etc. font le dynamisme de Toulouse", explique Pierre Albertini.

Un Top 10 sans révolution

Hormis ce changement de leader et quelques interversions, le top 10 reste stable. Neuf villes étaient déjà présentes dans notre classement précédent. Seule Rennes, vieille cité universitaire, fait une entrée remarquée. Elle rejoint ce groupe de villes aux universités pluriséculaires, qui ont fusionné (c’est le cas à Strasbourg) ou font partie de PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur). Des villes qui, comme Montpellier ou Aix-Marseille, bénéficient de l’attractivité de leur implantation géographique (mer, soleil …) et possèdent de gros moyens. Des villes qui accueillent un grand nombre d’étudiants et prennent en compte cette population dans leur développement.

Les étudiants, poumon de la ville ?


"Quand une ville répond à la demande des étudiants, elle répond aux besoins globaux de ses habitants. Elle devient attractive pour tout le monde. C’est le cas, par exemple, de Lyon ou de Bordeaux. À l’inverse, une ville qui déconnecte sa réflexion de la population étudiante va décliner", assure Camille Galap, président de l’université du Havre et vice-président de la commission "Vie étudiante" de la CPU (Conférence des présidents d’université). C’est peut-être ce qui vaut à Nancy (14e) sa perte de 4 places. "Nancy reste une grande ville universitaire, mais la culture est son point faible. Et s’il existait un décalage entre la culture classique promue par la ville et la culture à laquelle les jeunes aspirent ? Combien d’étudiants fréquentent le théâtre, par ailleurs très réputé, de Nancy ? La ville n’aurait-elle pas intérêt à s’ouvrir comme Nantes l’a fait ?" interroge Pierre Albertini.

Les petites villes se défendent bien


Résistant encore et toujours aux "poids lourds", une poignée de villes petites ou moyennes tirent leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de Poitiers (12e), Dijon (13e) et Caen (16e). Ou encore d’Amiens (photo ci-contre) qui gagne 5 places, d’Angers (+ 5), d’Orléans (+ 6) et de Rouen (+ 4) qui grimpent… "Il s’agit de villes bien reliées à Paris, qui profitent de son engorgement. Les étudiants viennent y chercher des universités pluridisciplinaires [certaines sont également implantées depuis très longtemps, NDLR] à taille plus humaine. Dans quelques disciplines, comme médecine, cela peut compter", analyse Camille Galap.

En bas du classement, les jeunes universités


Reste le bas du classement, occupé par des cités aux universités récentes, de petite taille. "Certaines, comme Toulon, Le Mans, Valenciennes, n’ont pas de perspectives immédiates de remonter : le fossé qui les sépare des autres est trop important. Ce qui ne les empêche pas de bénéficier d’une bonne image. Prenez l’exemple de La Rochelle : c’est l’une des plus belles villes de France. C’est aussi la preuve qu’il faut parfois s’inscrire dans la durée pour obtenir des résultats", conclut Pierre Albertini.

L'impact d'Opération campus


Tout espoir est permis pour les années à venir. Dans le cadre de l’Opération campus (Ce plan vise à rénover et redynamiser les campus existants - notamment le logement - et leur donner une visibilité internationale. Le tout grâce à un investissement de 5 milliards d'euros, provenant pour partie de la vente d'actions EDF de l'État.), des projets ont été reconnus "campus innovants", comme celui de Valenciennes, ou "campus prometteurs", comme ceux de Clermont-Ferrand ou de Nice (photo ci-contre), qui progresse déjà de 7 places . Les prochains palmarès des villes permettront d’en voir les incidences. Seul hic : l’Opération campus va également (et surtout) profiter aux 12 villes lauréates des premiers prix. Ces mêmes villes qui occupent déjà la tête du palmarès.

"Elles vont bénéficier d’investissements massifs en matière d’offre de formation et de recherche, mais aussi de vie étudiante, avec des impacts sur les transports, l’environnement…", indique Alexandre Aumis, sous-directeur de la programmation, des travaux, et de la contractualisation au CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et sociales). Toulouse, Grenoble, Lyon, Montpellier, etc. n’ont pas dit leur dernier mot.

Virginie Bertereau

Publié dans Actu étudiante

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