Tarbes. IUT : l'inquiétude grandit

Publié le par Esprit Campus

ladepeche.fr le 30/10/2009  Pierre Challier.


Les IUT s'estiment très maltraités par Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche.


Pour l'association nationale des IUT, le constat est simple : ce que redoutait le réseau des 115 établissements français répartis avec leurs antennes dans 200 villes moyennes, est en train d'arriver. La perte d'autonomie avec en corollaire, à terme, la perte de leur identité, de ce qui faisait leur force : la qualité du diplôme. Bref, « l'heure des choix politiques a sonné »… avec cette question de confiance que pose donc désormais l'association : « Souhaite-t-on toujours des IUT forts, capables de mobiliser leur réseau sur tous les territoires pour la réussite du plus grand nombre (jeunes et moins jeunes), pour la formation par la technologie, pour l'insertion professionnelle à tous les niveaux de qualification ? » ou a contrario, l'affaiblissement du label Diplôme Universitaire Technologique qui garantissait l'enseignement dispensé dans tous les IUT de France.

Et une interrogation qui concerne très concrètement l'établissement du pôle tarbais, le deuxième en importance de la Région, avec ses 1 500 élèves et ses 86 professeurs, ainsi que l'explique aujourd'hui Christelle Farenc, directrice de l'IUT de Tarbes et vice-présidente de l'association des IUT de Midi-Pyrénées puisque Tarbes fait partie des 59 IUT rencontrant actuellement des problèmes avec leur université de rattachement.

Pour faire simple ? Eh bien avant la réforme Pécresse, « on avait un budget global et on faisait nos choix politiques » explique Christelle Farenc. Exemple ? Pour résumer, s'il fallait choisir entre ouvrir une nouvelle formation pertinente quant au bassin d'emploi du coin ou repeindre les murs, parce que l'établissement en avait besoin, c'était le conseil de l'IUT qui votait ces choix grâce à son autonomie de gestion, sa connaissance du tissu local aussi. Désormais ? « L'Université centralise les budgets, les découpe par thème et c'est tout le problème » poursuit Christelle Farenc. Bref, l'Université décidera et « nous, on pourra choisir la couleur des crayons ».

Une modification beaucoup plus grave et profonde qu'il n'y paraît pour les IUT… car l'intérêt de l'Université ne sera pas forcément celui de l'IUT. Lequel, faute de moyens adéquats risquera alors de perdre en « valeur diplômante », système qui ouvrira la porte à la disparité de traitement sur l'ensemble du territoire national : en fonction des choix faits, il y aura les « bons » et les « mauvais » IUT, les bons et les mauvais DUT, « alors que jusqu'à présent tous le même DUT avait valeur égale partout, qu'il soit de Tarbes, Metz ou d'ailleurs » souligne Christelle Farenc.

D'où l'appel à la mobilisation lancé pour le 10 novembre prochain, jour où les directeurs et présidents d'IUT rencontreront leur ministre après s'être donnés rendez-vous devant l'Assemblée Nationale, puis le Sénat pour attendre finalement les résultats de l'entrevue avec Valérie Pécresse devant le ministère de l'enseignement supérieur. Valérie Pécresse « dont la circulaire n'a servi à rien, la situation s'étant profondément dégradée depuis 1 an ».

Publié dans Actu étudiante

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