Universités : une autonomie douloureuse

Publié le par Esprit Campus

Les universités tremblent à l’approche de l’hiver. Le ministère de l'Enseignement supérieur a en effet annoncé, début décembre, que sept facultés devenues autonomes allaient voir leur budget 2012 arrêtés par les recteurs d’académie, en raison de deux années de déficits consécutifs. Une mise sous tutelle qui incite les présidents des universités concernées à défendre leur bonne gestion.

L’origine des déficits serait "conjoncturelle", avance Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’université (CPU), qui s’est exprimé dans 20 minutes ce lundi. Depuis vendredi, seules trois universités seraient encore sous surveillance financière.

Un financement sous-évalué

Si seulement trois établissements autonomes sur 84 sont finalement encore sous tutelle, près de la moitié des universités auraient eu du mal à boucler leur budget pour l’année prochaine. La raison ? Le coût de l’autonomie. Celle-ci passe par la mise en place d’un nouveau système informatique, de nouvelles charges liées à la masse salariale et au vieillissement du personnel.

Pour assurer le bon déroulement de cette autonomisation et éviter que les facs ne passent dans le rouge, le ministère de l’Enseignement supérieur avait doté les universités d’une enveloppe de 14,5 millions d’euros. "Nous avons fait un effort (…) mais n’oublions pas que le principe de l’autonomie, c’est la responsabilité", a rappelé le ministre de l’Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez dans 20 minutes.

Sous-évaluation de l'évolution de la masse salariale

Mais, selon certains directeurs d’universités, le ministère a sous-évalué l’évolution de la masse salariale, et ceux-ci demandent désormais une rallonge budgétaire. A défaut, les arbitrages difficiles qui ont déjà commencé - tels que la diminution du nombre d’heures de cours, le report de travaux de sécurité ou la suppression de certaines options en licence - devraient se poursuivre et s’aggraver.

La Conférence des présidents d’universités appelle donc l’Etat "à assumer ses engagements", et a déjà annoncé son intention de négocier des budgets supplémentaires pour se remettre à flots.

L’université Bretagne-Sud refuse de voter son budget

Odeur de souffre à l'Université de Bretagne-Sud (UBS). Le conseil d'administration, réuni à Vannes, a refusé de voter le budget 2012, gelant de fait 18 postes. L'Université de Bretagne-Sud est d’ores et déjà dans le rouge. Après son passage à l'autonomie, il y a près de deux ans, la mécanique budgétaire s’est enrayée.

En refusant de voter à l'unanimité des administrateurs, le budget 2012, le conseil d'administration entend mettre l'État face à ses responsabilités. "Le ministère ne respecte pas ses engagements financiers", déplore Olivier Sire, président de l’UBS, à qui il manque 300 000 euros pour faire face à l'augmentation de sa masse salariale (42 millions d'euros en 2012, sur un budget de 71,25 millions). "C'est à l'État d'assumer ce poste budgétaire. Et il ne le fait pas", sentence-t-il.

 

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