Université : faire émerger des campus à vocation mondiale

Publié le par Esprit Campus


le 20/11/09

La commission Juppé-Rocard assume une approche élitiste. Universités, grandes écoles et instituts de recherche sont incités à se rapprocher pour profiter de la manne du grand emprunt.


Ce sont les deux grands gagnants du grand emprunt : l'enseignement supérieur et la recherche se verraient allouer une enveloppe globale de 16 milliards d'euros, dont 10 pour un fonds spécifique « permettant de faire émerger quelques campus à vocation mondiale ». « Cinq à dix groupements d'établissements supérieurs et de recherche », sélectionnés par un jury international, pourraient ainsi profiter de cette enveloppe pour financer des projets innovants.

« Une orientation élitiste »

De quoi aider les bénéficiaires à rivaliser sur le plan international, accélérer de fait le rapprochement des universités, grandes écoles et organismes de recherche, mais aussi accentuer les décalages entre établissements. « Nous assumons cette orientation élitiste », indique un des rapporteurs. Un milliard serait distribué immédiatement, 9 autres seraient placés au Trésor, et pourraient être abondés de financements privés, pour susciter un « effet de levier ». Ce sont les intérêts générés qui permettront de financer les projets.
La recherche n'est pas délaissée : 5 milliards d'euros seraient dévolus à l'Agence nationale de la recherche. Deux d'entre eux seront répartis entre, d'une part, le financement d'équipements et de projets pédagogiques et, d'autre part, des « bourses d'attractivité », permettant d'attirer les chercheurs étrangers ou les post-doctorants ayant quitté la France.

« Un nouvel âge d'or »

La commission souhaite aussi voir la création de « quatre à six campus d'innovation technologique » et encourager la valorisation de la recherche publique.
« C'est un nouvel âge d'or qui commence en France pour la recherche et l'innovation », s'est réjouie hier la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, qui a fait ses calculs : « Au total, plus des deux tiers de l'emprunt iront à l'enseignement supérieur, la recherche publique ou privée et l'innovation, soit à peu près 25 milliards d'euros. »

M. A., Les Echos

Publié dans Actu étudiante

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